Madagascar: nouvelle hausse du prix de l’essence

Une nouvelle hausse du prix de l’essence fait passer le litre de sans plomb à 4 050 ariary, une fortune à Madagascar.
© RFI/Sarah Tetaud

A Madagascar les automobilistes et professionnels des transports sont en colère. Le prix du carburant a encore augmenté. Dans toutes les stations essence de la Grande Ile, le litre de sans plomb se paie 4 050 ariary le litre, soit 1,07 euros, ce qui est une fortune à Madagascar où 90 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

C'est la quatrième hausse depuis le début de l'année. A la station essence du quartier d'Ambihajatovo, dans le centre d'Antananarivo, Herintsoa, 34 ans fulmine. L'augmentation de 50 ariary ne passe pas.

« Je ne peux plus me déplacer avec ma voiture comme avant parce que l'augmentation est vraiment démesurée pour nous. Il faut calculer chaque trajet, se demander quels sont les trajets les plus importants et sinon, on marche. J'ai un budget de 30 000 ariary par mois pour l'essence. Je ne le dépasse pas, même après toutes ces augmentations de prix, parce que mon salaire à moi, il n'augmente pas ! Donc on s'adapte », explique-t-il

L'Office malgache des hydrocarbures explique cette hausse, d'abord par l'augmentation du prix du baril de pétrole mais aussi par la dépréciation de l'ariary de 9% par rapport au dollar, en huit mois.

Quelques mètres plus loin, cette hausse du prix de l'essence est aussi le centre des conversations des chauffeurs de taxi. Jean et Hasina voient leurs marges diminuer depuis plusieurs mois.

« L'argent que je gagne me sert à payer l'essence ! On ne sait plus quoi faire ! Comme je gagne moins d'argent, je fais des journées de travail plus longues. Je travaille jusque tard dans la nuit pour tenter de combler un peu l'écart », s’insurge-t-il.

« Et on ne peut pas augmenter le prix de la course parce que si on l’augmente, les clients ne pourront pas suivre. Avant j'avais 30 000 ariary de bénéfice, par jour. Maintenant, c'est 25 000 ariary », ajoute Hasina.

Une hausse qui risque de se poursuivre puisque le ministère des Hydrocarbures a indiqué vouloir pratiquer la vérité des prix. Ces dernières années, le montant du carburant ne correspondait pas au montant réel du marché car l'Etat le subventionnait pour compenser l'envolée du prix du baril.

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