Pétrole: le Congo-Brazzaville devient membre de l'OPEP

Le port autonome de Pointe-Noire (Illustration).
© www.papn-cg.org

L'OPEP, cartel des pays producteurs de pétrole réuni à Vienne, a donné son feu vert au Congo-Brazzaville, qui devient le septième pays africain à y adhérer.

Brazzaville tient à se rapprocher de l’organisation par esprit de « solidarité », selon le ministre congolais des Affaires étrangères. Mais Jean-Claude Ngackosso nous explique que son pays pourrait aussi y trouver d’autres avantages.

« Nous savons qu’il y a un fonds au sein de l’Opep destiné à développer des projets importants dans les pays membres, même au-delà des pays membres. Le Fonds Opep permet, par exemple, de développer des projets dans le domaine de l’agriculture, ce secteur très important. En devenant membre de l’Opep, évidemment, les choses seraient plus simples pour notre pays qui a tant besoin de ressources pour développer son agriculture. C’est l’une des raisons.

Mais la raison principale, c’est que le Congo Brazza est un pays producteur et exportateur de pétrole. Le volume de sa production – et c’est l’avis unanime des membres du cartel –, lui permet de siéger de plein droit au sein de cette organisation, d’avoir son mot à dire, et peut-être même de peser de son poids léger sur les décisions, surtout que celles-ci contribuent en général à l’ajustement du prix du baril ».

Les interrogations de Philippe Sébille-Lopez

Interrogé par RFI, Philippe Sébille-Lopez, spécialiste des économies pétrolières africaines est lui beaucoup plus réservé. Selon lui, l'entrée du Congo-Brazzaville au sein de l'OPEP est surtout une très bonne affaire pour le président Sassou Nguesso et pour l'Arabie saoudite.

On peut penser pour le président Sassou Nguesso qu'il va accéder à une shère de dirigeants très importants au niveau planétaire... par contre pour les Congolais, cela ne change pas grand chose: ça ne va pas influer sur la production pétrolière, ça ne va pas influer sur la redistribution de l'argent du pétrole ni sur la gestion de la rente pétrolière. C'est une question d'opportunité et surtout d'image: compte tenu de la production du Congo... pourquoi l'OPEP fait entrer (en son cercle) des pays à la production aussi ridicule ? Des petits pays comme ça sont des faire-valoir de l'Arabie saoudite très clairement.
Philippe Sébille-Lopez: «en terme d'image, pour le président Sassou Nguesso, c'est excellent»
24-06-2018 - Par David Baché

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.