Burkina Faso: l'activiste Naïm Touré se défend à la barre

Page de profil Facebook de Naïm Touré.
© capture d'écran Facebook

Le 3 juillet prochain, l'activiste Naim Touré connaîtra le verdict de son procès qui s'est tenu ce mardi 27 juin à Ouagadougou.

Naïm Touré a été interpellé et incarcéré le 14 juin pour avoir publié un post sur le réseau social Facebook. Ce message entretenait de la situation sanitaire d'un élément des forces spéciales burkinabè blessés au cours d'une intervention et qui était dans l'attente d'une évacuation hors du pays.

Les autorités estiment que dans son post, l'activiste appelle les forces de défense et sécurité à la révolte. Trois charges sont retenues contre lui : participation à une opération de démoralisation des forces de défense et de sécurité, proposition aux forces de défense et de sécurité de former un complot contre la sûreté de l'Etat et incitation à troubles à l'ordre public.

«La solution n'est pas de museler la jeunesse»

Durant quatre heures, le tribunal a multiplié les questions pour tenter de confondre Naïm Touré. « Le contenu de votre post nous inquiète, a lancé le procureur. Vous avez appelé les forces armées nationales à se soulever. » Réponse de Naim Touré : « nulle part dans mon post je n'ai fait cas d'une prise d'armes. »

Naim Touré explique que son post avait pour but d'informer l'opinion et de critiquer l'autorité publique face aux lenteurs administratives. Selon maïtre Bénao Batibié, l'un de ses avocats, les trois infractions pour lesquelles Naïm Touré est poursuivi, ne sont pas constituées au regard de la loi : « La sécurité juridique même dans un Etat de droit veut que ce n'est pas sur la base des sentiments des uns et des autres que l'on peut poursuivre un citoyen et espérer le condamner. Et ça vaut pour tout le monde. C'est la raison pour laquelle nous disons que rien dans l'écrit ne permet au procureur de dire de façon claire qu'il peut poursuivre les infractions pour lesquelles ils ont enfermé M. Naïm Touré. »

Venus nombreux soutenir leur camarade, les activistes et membres de la société civile se disent inquiet des menaces contre la liberté d'opinion au Burkina Faso. « Ce qui est regrettable aujourd'hui, ce sont nos chères autorités. La solution n'est pas de museler la jeunesse. Qu'ils comprennent que c'est cette jeunesse-là qui a été à la base pour qu'ils soient au pouvoir ! Et nous ne pourrons pas faire l'impasse sur cette jeunesse », s'insurge Abdallah Ouattara, coordonnateur du Collectif pour un peuple uni (CPPU).

Le procureur a requis douze mois d'emprisonnement contre Naïm Touré, pendant que ses avocats réclament la relaxe pure et simple. Rendez-vous le 3 juillet prochain pour le verdict.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.