Rencontre annoncée entre le président érythréen et le Premier ministre éthiopien

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (à gauche) et le président erythréen Issayas Afewerki (à droite).
© ASHRAF SHAZLY, Sumy SADRUNI / AFP

Selon la presse locale, la visite de la délégation érythréenne en Ethiopie touche à sa fin. Depuis mardi une délégation composée entre autre du ministre des Affaires étrangères Osman Saleh et du conseiller du président érythréen Yemane Gebreab était en Ethiopie pour entamer les premières discussions depuis 20 ans entre les deux pays voisins de la Corne de l'Afrique. Après des dizaines d'années de tensions, une guerre entre 1998 et 2000 et un différend frontalier toujours vif, ce premier échange pour mettre un terme définitif au conflit est historique. On annonce maintenant une rencontre entre le président érythréen et le Premier ministre éthiopien.

Issayas Afewerki, président de l'Erythrée, et Abiy Ahmed, Premier ministre de l'Ethiopie se rencontreront « bientôt ». Selon les termes du ministre éthiopien des Affaires étrangères cité par la presse locale « la visite de la délégation érythréenne a établi un terrain fertile pour la restauration de la paix entre les deux pays ».

Ce réchauffement des relations bilatérales était impensable il y a encore quelques semaines, tant les tensions sont vives autour du tracé de la frontière commune. Et pourtant le nouveau Premier ministre éthiopien, le réformateur Abiy Ahmed, a annoncé au début du mois sa volonté de faire la paix. Et d'appliquer l'accord de 2002 qui définit une nouvelle frontière, en signe d'apaisement avec l'Erythrée.

Un changement politique profond et un signe « positif » pour le président érythréen Issayas Afewerki, qui annonçait quelques jours plus tard la visite de cette délégation gouvernementale.

Concrètement, pour l'instant la question cruciale de la démilitarisation de la zone frontière n'a semble-t-il pas encore été évoquée. Mais Abiy Ahmed a déjà annoncé que la compagnie Ethiopian Airlines allait reprendre ses vols vers l'Erythrée et que le nouvel an serait célébré en commun.

Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose de concret. Il y a des annonces, il y a une volonté, il y a des calculs et des arrières pensées probablement, à Addis Abeba et à Asmara. (...) On ne sait pas vraiment ce qui a été promis à l'Erythrée pour la convaincre.

Léonard Vincent, journaliste au Média et auteur du livre «Les Erythréens»
29-06-2018 - Par Jeanne Richard

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