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Tchad Libye

Tchad: le Fact nie toute implication dans le conflit en Libye

Plusieurs groupes rebelles tchadiens sont installés en Libye, notamment près de la région du Tibesti (photo d'illustration).
© Wikipedia

Au Tchad, le gouvernement s'inquiète de la situation sécuritaire en Libye où sont présents des « mercenaires » du Tchad. Dans un communiqué, le gouvernement attire ainsi « l'attention de la communauté internationale sur la pratique récurrente du mercenariat dans cette crise libyenne et le développement du trafic de drogue, des armes et des êtres humains ». Aucun groupe n'est nommé précisément, mais le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact) se sent visé et dément prendre part à la guerre en Libye.

« Une information judiciaire est ouverte » pour « identifier tous ceux qui seraient impliqués » dans des activités répréhensibles en Libye, affirme un communiqué publié par le gouvernement tchadien. « Toutes les dispositions sont prises pour sécuriser nos frontières », ajoute ce document.

Alors que plusieurs groupes armés rebelles tchadiens sont implantés en Libye, comme l’Union des forces de la résistance (UFR) ou le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), ce dernier mouvement se sent visé par la communication gouvernementale. En effet, pour son président Mahamat Mahdi Ali, « il y a un an et demi, deux ans, le gouvernement tchadien [les] accusait de connivence avec les islamistes », ce qui avait poussé le gouvernement français à geler les affaires du groupe au niveau de la France, même si le Fact affirme n’avoir « rien comme avoirs en France ». Aujourd’hui, il craint que « cette confusion-là » amène « certains pays à prendre des décisions qui seraient catastrophiques ».

Alors que le président Idriss Déby s'affiche proche du maréchal Khalifa Haftar, qui a lancé le 21 juin une offensive pour reconquérir le Croissant pétrolier, situé dans le Nord-est libyen, plusieurs Tchadiens ont été arrêtés par les forces de l'homme fort de l'Est libyen. D’après le porte-parole du maréchal, le chef militaire Ibrahim Jadhran était appuyé par plus de 1 000 « mercenaires tchadiens » lors de l’offensive contre lui.

« Incriminer toute l’opposition tchadienne est indigne »

Mais d’après Mahamat Mahdi Ali, le Fact n’est pas concerné par ces actions : « Le régime de Ndjaména a procédé de tout temps par amalgame et accusations gratuites. Tantôt l’opposition tchadienne qui se trouve aux confins libyens ont été des islamistes, des terroristes, tantôt c’est des coiffeurs de Haftar, soyons sérieux ».

Il explique diriger « un mouvement laïc, un mouvement républicain, national » qui n’a « rien à voir avec ce qui se passe ici en Libye ». S’il ne peut « pas exclure que les individualités ou des groupes insignifiants tentent l’aventure à gauche, à droite », il juge « qu’incriminer carrément toute l’opposition tchadienne et la traiter de "mercenaires" est indigne d’un Etat comme celui du Tchad ».

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