Angola: les journalistes Rafael Marques et Mariano Brás acquittés

Le journaliste Rafael Marques (g) était poursuivi pour diffamation, le journaliste Mariano Brás Lourenço (d) était poursuivi pour avoir repris l'article de Rafael Marques dans l'hebdomadaire qu'il dirige. Ils ont été acquittés, à Luanda, le 6 juillet 2018.
© AMPE ROGERIO / AFP

En Angola, les journalistes Rafael Marques et Mariano Brás ont finalement été blanchis des accusations de diffamation et d'injure à l'autorité publique. La Cour de justice de Luanda a reconnu que la procédure dénoncée par les journalistes d'acquisition d'une propriété par l'ex-procureur de la République était entachée d'irrégularités. Selon la Cour, les deux journalistes, et notamment Rafael Marques, auteur de cette enquête, n'avaient fait que leur devoir en informant le public.

Le jugement aura duré trois heures, avec des petites phrases qui dès le départ laissaient présager l'acquittement. La cour a notamment reconnu le bien-fondé de l'enquête de Rafael Marques et l'illégalité de certains des actes posés par son détracteur, l'ancien procureur de la République d'Angola.

Le journaliste dit maintenant espérer que cette décision pourra appuyer ses prochaines enquêtes.

« C'est un verdict historique dans le sens où c'est inconstitutionnel pour l'ancien procureur de la République d'avoir des parts ou même de gérer les sociétés alors qu'il a une fonction officielle, se réjouit-il. Cela peut avoir des répercussions parce que nous avons d'autres dossiers sur des magistrats. Le président de la cour de justice militaire, qui est toujours en poste, détient des parts et même gère des sociétés privées. En tout cas, c'est une décision claire qui peut permettre aux journalistes de continuer à dénoncer les actes de corruption. »

Pour le journaliste et militant anti-corruption, ce verdict d'acquittement ne prouve pas que l'Angola a changé sous la présidence de João Lourenço. Rafael Marques souligne que malgré les annonces et les poursuites engagées, aucun officiel n'a encore été, à ce jour, près d'un an après l'élection, arrêté pour un acte de corruption.

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