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Côte d'Ivoire

Suspicions de fraudes concernant la révision des listes électorales ivoiriennes

Un homme consulte les listes électorales établies par la CEI (photo d'archives)
© FP / SIA KAMBOU

En Côte d'Ivoire, le GEPATE, une plateforme regroupant sept organisations de la société civile ivoirienne s'inquiète « d'allégation de fraudes » lors de l'opération de mise à jour des listes électorales. Cette opération s'est déroulée du 18 au 24 juin a abouti à l'enregistrement de quelque 400 000 nouveaux inscrits qui s'ajoutent aux 6 millions de personnes déjà présentes sur les listes électorales. Le GEPATE, qui comprend notamment l'antenne ivoirienne d'Amnesty International, estime que ces fraudes, si elles sont avérées, peuvent sérieusement nuire à la sincérité des élections municipales et régionales prévues d'ici la fin de l'année.

Selon le GEPATE, le Groupe de plaidoyer et d'actions pour une transparence électorale, des suspicions de fraudes entachent le bilan de l'opération de mise à jour des listes électorales conduite le mois dernier par la CEI, la Commission électorale indépendante.

Dans plusieurs localités du pays, dont celle du Plateau – le quartier d'affaires d'Abidjan et circonscription clé – des candidats aux municipales sont en effet soupçonnés d'avoir convoyé des électeurs pour les faire inscrire sur des listes en dehors de leur zone territoriale de vote et ce, avec la complicité de certains agents de la CEI.

Abraham Denis Yaurobat, le président du GEPATE, détaille ces accusations : « On prend des populations dans une localité A, on s'en va les inscrire dans une localité B. Et ça, ça fausse le jeu démocratique local, puisque ce sont des gens qui n'ont aucun intérêt dans une localité qui viennent juste voter moyennant quelque chose pour un candidat dont ils ne vont pas subir la gouvernance. Cela se fait comment ? Avec la complicité de qui ? Mais nous pensons que si ce sont des bureaux de vote qui reçoivent des inscriptions qui seront officielles, la CEI ne peut pas ne pas être informée de cela ».

Des fraudes qui, si elles sont avérées, sont de nature à hypothéquer sérieusement la crédibilité des scrutins à venir, estime le GEPATE, qui demande à la Commission électorale de faire toute la lumière sur cette affaire.

Contactée par RFI, Victoire Alley, la porte-parole de la CEI, a assuré que l'instance électorale avait d'ores et déjà reçu des plaintes et enquêtait sur ses allégations, notamment dans le quartier d'affaires du Plateau.

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