Migrants: Nouakchott ne veut pas entendre parler de «plateformes de débarquement»

Vue aérienne de la ville de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. (Image d'illustration)
© GEORGES GOBET / AFP

La Mauritanie n’adhère pas à la proposition de l’Union européenne d’installer des sites de débarquement de migrants africains en partance pour l’Europe dans certains ports du nord-ouest de l’Afrique. Les dirigeants européens ont émis l’idée d’une plateforme visant à arrêter le mouvement des migrants à partir de certains pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie pour ensuite les renvoyer vers des ports africains.

La Mauritanie ne se sent pas concernée par ce projet d’installer des sites de débarquement de migrants africains en partance pour l’Europe dans certains ports du nord-ouest africains. C’est la position du gouvernement réaffirmée à l’issue du dernier Conseil des ministres.

« Des camps pour accueillir des migrants ? Mais c’est inhumain ! Nous considérons que ce n’est pas une bonne position, ce n’est pas une bonne approche, il faut la rejeter complètement. Et nous demandons à l’Union africaine de réagir », s'est indigné Ibou Badiane, le coordinateur du cadre de concertation des migrants subsahariens en Mauritanie.

« Beaucoup de migrants qui bougent à l’intérieur du continent africain subissent aussi des traitements inhumains, en Afrique même ! Je prends le cas de l’Algérie : depuis 2017, l’Algérie continue à expulser massivement les migrants notamment subsahariens, et ça c’est déplorable », poursuit-il.

Les migrants mauritaniens sont peu présents en Europe, mais nombreux dans les pays du Golfe et surtout en Afrique sub-saharienne. Le nouveau ministre des Affaires étrangères et des Mauritaniens de l’extérieur Ismail ould Cheikh Ahmed a été interpellé sur leur situation.

« En Afrique, nous avons des Mauritaniens qui vivent au Congo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le ministère est responsable de ses compatriotes qui vivent à l’étranger, nous devons accorder plus d’attention à leurs problèmes », a-t-il affirmé.

Les Mauritaniens en Afrique noire pourront voir, dans les prochains mois, leur situation de séjour s’améliorer grâce à un nouveau partenariat signé par le gouvernement et la Cédéao, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest que la Mauritanie a quitté en 1994.