Somalie: attentat des shebabs contre le ministère de l'Intérieur à Mogadiscio

En Somalie, les forces de l’ordre sécurisent la zone où deux explosions ont retenti, ce samedi 7 juillet 2018, à proximité du ministère de l’Intérieur, à Mogadiscio.
© REUTERS/Feisal Omar

En Somalie, deux explosions suivies de coups de feu ont retenti, dans la matinée de ce samedi 7 juillet, à proximité du ministère de l'Intérieur, bâtiment abritant également le ministère de la Sécurité et proche du palais présidentiel et du Parlement. Selon un premier bilan, les forces de l'ordre font état de neuf morts, 5 civils et 4 assaillants. L'attaque a également fait plus de 10 blessés et le bilan pourrait s'alourdir. Les shebabs, groupe armé affilié à al-Qaïda, a revendiqué l’attaque.

Ce samedi matin, une voiture piégée explose juste devant la porte du ministère de l'Intérieur qui abrite également le ministère de la Sécurité.

Quelques minutes plus tard, des shebabs sortent d'une seconde voiture. Ils réussissent à entrer dans le ministère et font exploser à distance leur véhicule, d'après un responsable de la police. Puis de nombreux coups de feu éclatent entre les forces de l'ordre et les assaillants retranchés dans le bâtiment.

Après deux heures d'échanges de tirs, les forces de police annoncent la fin de l'opération : 1 kamikaze et 3 tireurs shebabs sont morts. Sur les réseaux sociaux, les photos montrent un épais nuage de fumée noire au-dessus de Mogadiscio.

Si les faits sont encore flous, les médias locaux expliquent que des assaillants seraient entrés dans le ministère de l'Intérieur. L'un d'entre eux, portant une ceinture d'explosifs, aurait activé sa charge. Les trois autres auraient été abattus par les forces de l'ordre.

L'attaque a eu lieu dans un quartier stratégique de la capitale somalienne. Les ministères visés sont proches du Parlement et du palais présidentiel. Dans un communiqué publié sur un site web jihadiste, les shebabs, affiliés à al-Qaïda, ont déjà revendiqué l'attaque.

Une attaque hautement symbolique

Les shebabs ont réussi à passer plusieurs barrages routiers tenus par les forces somaliennes, et à frapper le cœur de l'appareil sécuritaire du gouvernement fédéral, à quelques mètres du Parlement, et non loin de la Villa Somalia, la demeure du président.

Cette attaque est la plus importante, en termes de quantité d'explosifs utilisés, depuis l'attentat d'octobre 2017, non revendiqué, qui avaient fait plus de 500 morts. Depuis, signe de prudence ou de faiblesse, il y a eu moins d'attentat et moins de victimes civiles.

Mais l'attaque de samedi montre que les shebabs ont de nouveau confiance dans leur capacité à atteindre des cibles précises explique le chercheur Matt Bryden. Elle révèle également l'incapacité du gouvernement du président Mohamed Abdullahi Mohamed à sécuriser la capitale et le pays. Il n’y a pas eu victoire marquante contre le groupe ces dernières années, les lignes de front n'ont pas évolué...

Qui plus est, la constitution d'une armée somalienne digne de ce nom n'a pas progressé, principalement à cause de tensions entre les Etats régionaux et le gouvernement fédéral. Des tensions présentes jusque dans la capitale, qui profitent au groupe terroriste.

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