Rencontre historique entre les dirigeants éthiopien et érythréen

Les drapeaux éthiopien et érythréen flottent lors de l'arrivée du ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, à l’aéroport international de Bole, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 26 juin 2018.
© REUTERS/Tiksa Negeri

Après des décennies d'hostilités et de guerres autour notamment d'un désaccord frontalier entre les deux pays voisins de la Corne de l'Afrique, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed est arrivé, ce dimanche 8 juillet, à Asmara où il a été reçu en grande pompe par le président érythréen, Issayas Afewerki.

Les images de la télévision officielle érythréenne montrent des scènes de liesse dans les rues d'Asmara et l'accueil chaleureux du président érythréen, Issayas Afewerki, au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à sa descente d'avion. Les deux hommes ont échangé sourires et accolade avant de sortir de l'aéroport par le tapis rouge, direction le palais présidentiel pour débuter les discussions.

Les échanges doivent porter sur la normalisation des relations entre les deux pays. Dans un tweet, Fitsum Arega, chef de cabinet du Premier ministre éthiopien, salue une « occasion extraordinaire » pour la paix.

En effet, cela fait vingt ans que les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues. En 1998, une guerre sanglante avait éclaté autour d'un différend sur leur frontière commune. Un accord de paix prévoyant un nouveau tracé n'avait jamais été accepté par l’Ethiopie.

Il y a un mois, les relations entre les deux frères ennemis ont commencé à se réchauffer quand le Premier ministre éthiopien avait annoncé sa volonté de faire la paix et de respecter cet accord, puis l'envoi d'une délégation gouvernementale érythréenne à Addis Abeba.

Un tournant diplomatique

Incontestablement, cette visite du Premier ministre éthiopien à Asmara constitue un tournant diplomatique, mais il reste du chemin à faire aux deux pays pour surmonter les obstacles à une normalisation de leurs relations.

En effet, derrière la belle mise en scène de cette rencontre, beaucoup de questions restent en suspend. Comment mettre en œuvre la démilitarisation de la zone frontière ? En particulier dans la ville éthiopienne de Badmé qui devra passer sous administration de l'Erythrée et qui est aussi la ville symbole qui cristallise toutes les tensions entre les deux pays.

Par ailleurs, le président érythréen, qui justifie la dureté de son régime par cette nécessité de maintenir une pression militaire, va-t-il devoir revoir sa politique ?

Quant au Premier ministre éthiopien, il va devoir faire face à la défiance d'une partie de la population et de certains politiciens, en particulier issus de la communauté tigréenne, qui avaient mal accueilli l'annonce du rapprochement entre les deux pays.

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