Procès en appel du maire de Dakar: le juge rejette le renvoi de la défense

Khalifa Sall salue ses partisans au premier jour de son procès en appel, le lundi 9 juillet.
© RFI

Au Sénégal, le procès en appel de Khalifa Sall a repris, ce lundi 9 juillet, à Dakar. Le maire de Dakar a été condamné en première instance à cinq ans de prison pour escroquerie sur des deniers publics. La semaine passée, la Cour de justice de la Cédéao a condamné l'Etat du Sénégal, en estimant que Khalifa Sall n'avait pas eu en première instance un procès équitable. Ses avocats ont donc cherché à obtenir un renvoi pour préparer leur défense. Ce renvoi a été rejeté par le juge.

« Les droits de la défense sont sacrés. Il faut donc attendre l'arrêt complet de la Cédéao pour débuter ce procès ». La défense – une bonne douzaine d'avocats plaident pour Khalifa Sall – martèle pendant plus de deux heures ses arguments. 

Les débats sont longs et rugueux, mais le juge Demba Kandji ne veut rien entendre. « Rien ne me prouve qu'il y a un arrêt Cédéao. Cette décision n'est pas dans mon dossier. Je ne suis coupable de rien », insiste le juge dont la posture est saluée par les avocats de l'Etat qui veulent que ce procès ultrasensible s'engage enfin.

Au nom de Khalifa Sall, Maitre François Sarr vient alors déposer au juge un extrait certifié conforme de l'arrêt de la Cour de la Cédéao. L'avocat demande ensuite un renvoi et déclare : « Comment peut-on retenir cette affaire sans avoir la décision complète ? Mais dans quel pays sommes-nous ? Dans quel droit sommes-nous ? ».

Impassible, le juge Kandji décide de rejeter la demande de renvoi de la défense et donc d'ouvrir, dans une ambiance extrêmement tendue, le procès en appel de Khalifa Sall.

Je ne veux surtout pas faire de procès au magistrat mais je me pose des questions. On est au cœur d’un procès qui est un procès politique, disons le clairement.
Compte rendu d'une audience sous tension
09-07-2018 - Par RFI

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.