Les dessous de la déclaration conjointe de l’Erythrée et de l’Ethiopie

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (à gauche) et le président erythréen Issayas Afewerki (à droite).
© ASHRAF SHAZLY, Sumy SADRUNI / AFP

L'Ethiopie et l'Erythrée ont signé, ce lundi 9 juillet, une déclaration conjointe de paix et d'amitié, après plus de vingt ans de guerre. Ce texte historique formalisant leur rapprochement prévoit une reprise du commerce, des transports et des télécommunications ainsi que le rétablissement des liens diplomatiques et la mise en œuvre de l'accord international sur le respect de la frontière. Une déclaration de paix qui s'inscrit dans un plan stratégique plus vaste.

La déclaration, signée ce lundi et parrainée par les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, s'inscrit dans un vaste plan de stabilisation de la corne de l'Afrique dont l’objectif est de damer le pion à la Chine au niveau économique et consolider l'alliance contre l'Iran au niveau géopolitique.

Pendant des mois, les trois pays ont ainsi négocié une possible paix entre l'Erythrée et l'Ethiopie pour que ce conflit, latent, ne soit plus un facteur de trouble dans la région.

Un officiel américain s'est ainsi rendu en Erythrée, en avril dernier. Ce fut une première depuis 2004. Donald Yamamoto, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, a rencontré le président érythréen. Début juin, Issayas Afewerki a été reçu par le prince d'Abou Dhabi. Que se sont-ils dit ? Qu'ont-ils promis à Asmara ? Rien n'a filtré.

Une chose est sûre. L'arrivée au pouvoir, en Ethiopie, d'Abiy Ahmed, en février dernier, a apaisé les tensions. En raison de son appartenance à l'ethnie Oromo, le nouveau Premier ministre éthiopien a, de fait, mis fin à une inimitié de plus de vingt ans, entre le président Erythréen et les Tigréens alors au pouvoir.

Autre signe de cette volonté d'apaisement, l’Éthiopie a déclaré avoir formellement demandé au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en visite, ce lundi, à Addis-Abeba, que soient levées les sanctions de l'ONU à l'encontre de l'Erythrée.

Ces sanctions avaient été adoptées, en 2009, en raison notamment du soutien présumé d'Asmara aux islamistes somaliens shebabs. Elles imposent notamment des gels d'avoirs et des interdictions de voyage à l'étranger pour des responsables politiques et militaires, ainsi qu'un embargo sur les armes.

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