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RDC

RDC: audience des militants de Filimbi à la prison de Makala

Vue de la prison de Makala à Kinshasa, RDC., où s'est tenu une audience «de fond» pour les militants de Filimbi. (image d'illustration)
© AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Carbone Beni et ses quatre compagnons du mouvement citoyen Filimbi seront à nouveau devant le tribunal jeudi 19 juillet. Accusés d'offense au chef de l'Etat et d'incitation à la désobéissance, quatre de ces activistes avaient été arrêtés alors qu'ils sensibilisaient autour de la marche du 31 décembre 2017 initiée par le Comité Laïc de Coordination. Mercredi 11 juillet, à la prison centrale de Makala où ils sont incarcérés, se tenait une audience dite « de fond » pour examiner les infractions. Quelques journalistes étaient autorisés à y assister.

Ils étaient au total cinq à comparaitre à la prison centrale de Makala. Drapeaux du pays autour du cou, tous arboraient des t-shirt sur lesquels on pouvait lire « L'activisme n'est pas un crime ». L'audience a commencé par l'identification des prévenus. Tous jeunes, avec un casier judiciaire vierge. Certains sont encore étudiants.

Devant une assistance composée notamment des membres des familles, d'autres militants, des observateurs de la mission onusienne en RDC et des délégués de certaines missions diplomatiques, les avocats de la défense ont tenté d'obtenir le déclassement des procès-verbaux obtenus pendant la détention de ces activistes dans les locaux de l'Agence nationale des renseignements pendant plus de cinq mois.

Ils estiment que les propos qu'ils contiennent ont été obtenus à la suite des tortures et dans l'illégalité. « Lorsqu’ils étaient gardés à l’ANR, ils étaient soumis à une audition de manière totalement cavalière. Ils ont répondu, monsieur le président, dans un état proche de la mort ! » a expliqué maitre Tinda Bonga.

A la suite du ministère public, le tribunal a jugé recevable, mais non fondée cette requête estimant qu'elle est prématurée étant donné que ces procès-verbaux n'ont pas encore été examinés par ses soins.

Les avocats de la défense ont également tenté en vain d'obtenir la libération de Palmer Kabeya qui, disent-ils, n'a pas participé à la séance de sensibilisation autour de la marche des laïcs catholiques. Certains parmi ces prévenus ont été autorisés à comparaitre assis à cause des problèmes de santé.