Madagascar: l’impunité mise à mal

Photo d'illustration: vue sur le Lac Anosy, au centre de la ville d'Antananarivo, capitale de Madagascar.
© Sascha Grabow / Wikimédia

A Madagascar, parmi la cinquantaine d’enquêtes en cours menées par le Bianco, le Bureau indépendant de lutte anticorruption-, plusieurs concernent des personnalités politiques. Une information révélée par l’institution elle-même. Depuis un an, le nombre de doléances concernant les dirigeants du pays s’est envolé. Une situation sans précédent, un « big bang », confie le Bianco. Le signal, peut-être, que la population se sent plus en confiance pour participer activement à cette lutte contre la corruption.

Au 19 juillet 2018, sept ministres ou ex-ministres et 16 députés sont directement concernés par des faits de corruption. C’est la première fois qu’autant de hauts responsables de l’Etat se trouvent sous le coup d’une enquête.

Pour Jean-Louis Andriamifidy, le directeur général du Bianco, cela signifie que les textes adoptés portent leurs fruits. « Sans la loi sur la lutte contre la corruption, dit-il, on n’aurait pas pu procéder à des enquêtes à l’encontre de ces personnalités. Elles auraient immédiatement brandi leur immunité parlementaire ou leur privilège de juridiction. »

En effet, les articles 47 et 54 de cette loi 2016-020 autorisent le Bianco à mener une enquête sur toute personne, quelle qu’elle soit, suspectée de faits de corruption.

La semaine prochaine, plusieurs de ces dossiers, « ceux pour lesquels nous avons de sérieux indices », précise le directeur général, seront transférés au pôle anti-corruption d’Antananarivo, la nouvelle juridiction fraîchement mise sur pied.

« On espère, insiste-t-il, que le pôle anti-corruption et la Haute Cour de justice entameront chacun la poursuite de ces ministres ou députés qui ont commis des fautes dans l’exercice de leurs fonctions. »

Et un employé du Bianco d’ajouter : « L’opinion publique n’attend qu’une chose : qu’un ancien président, un président, un ex-ministre, un ministre soit condamné pour corruption et file en prison. Nous aussi, on espère que ça. Ce serait le signal du début de la fin de l’impunité chez les dirigeants de notre pays. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.