Kabila devant le Parlement congolais pour un discours très attendu

Le président congolais Joseph Kabila, le 14 février 2018 à Kinshasa.
© REUTERS/Kenny Katombe

Joseph Kabila va parler ce jeudi 19 juillet dans l’après-midi devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. C’est un discours très attendu tant par l’opinion congolaise que par la communauté internationale. Le président est hors mandat depuis 2016, et c’est l’accord du 31 décembre de la même année qui est censé organiser la vie politique jusqu’aux élections fixées au 23 décembre prochain.

Ce discours intervient à une semaine de l'ouverture du dépôt des candidatures. Cela fait écho à une petite phrase du secrétaire général de l'ONU la semaine dernière qui réagissait au report de sa visite et de celle du président de la commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Antonio Guterres avait déclaré que la raison qui leur avait été donnée pour le report était que le président allait « prendre très bientôt, ou annoncer très bientôt, une série de décisions importantes et qu'il ne voulait pas donner l'impression qu'il les prenait sous la pression internationale ». Depuis, c'est toute la communauté diplomatique qui attend ces annonces promises. Même si, comme le disait ce matin un diplomate en guise de boutade : « ça fait deux ans qu'on attend ».

Avant chaque discours sur l'état de la nation depuis 2016 et le début de la crise politique, il y a des appels, toujours les mêmes, à ce que Joseph Kabila se prononce sur son avenir politique, qu'il dise clairement qu'il quitte le pouvoir à l'issue des élections, deux fois reportées et aujourd'hui prévues pour le 23 décembre. Mais le président a toujours choisi jusque-là de ne rien dire de définitif. Récemment, on a encore vu la Conférence épiscopale, le Comité laïc de coordination, un collectif d'intellectuels congolais ou même la Voix des sans Voix demander au chef de l'Etat congolais de mettre un terme à un suspense entretenu par ses proches et son parti.

Un troisième mandat ?

Officiellement, Joseph Kabila est tenu au titre de l’Accord du 31 décembre et la Constitution à s’engager à céder son fauteuil après les élections du 23 décembre prochain. Or jusque-là, l’accord négocié sous la médiation des évêques catholiques a eu du mal à être appliqué tel quel. L'opposition dénonce les révisions unilatérales de certains points de l'accord et la politique du débauchage qui consiste à intégrer certains opposants, dont l'actuel Premier ministre, dans un Front commun pour le Congo. Certains voient dans cette mégaplateforme électorale l'influence directe duprésident Kabila et sa future centrale électorale.

Depuis le début de l'année, en effet, le camp présidentiel tâte le terrain pour un éventuel troisième mandat. On a vu des responsables de son parti, le PPRD, soutenir la thèse qu'un troisième mandat était constitutionnellement possible parce que le passage d'un scrutin présidentiel de deux tours à un seul en 2011 serait équivalent à l'adoption d'une nouvelle Constitution. Ou même directement appelé à voter Joseph Kabila en décembre. Même si aujourd'hui dans l'entourage du président, personne ne donne une réponse très claire sur ses intentions.

Ceux qui croient au départ de Joseph Kabila estiment que son silence jusqu'ici pourrait s'expliquer pour des raisons de sécurité. Il ne voudrait pas risquer un coup d'Etat en annonçant trop tôt son départ. Mais dans les rangs de l'opposition, aujourd'hui, les attentes vont au-delà d'une déclaration de Joseph Kabila, le Rassemblement menaçait ce jeudi encore de ne pas participer au processus électoral si le fichier électoral n'était pas corrigé, la machine à voter écartée et l'espace politique ouvert.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.