Gambie: malgré les menaces, les espoirs pour rendre justice sont encore loin

Le tribunal de Banjul (photo d'illustration).
© RFI/Claire Bargelès

« Aucun homme, aucun esprit ne peut m'empêcher de revenir en Gambie. » Cette petite phrase prononcée par l'ancien président Yahya Jammeh depuis Malabo, où il vit en exil depuis janvier 2017, suscite colère et inquiétude de la part du gouvernement gambien. Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement rappelle que des enquêtes sont en cours sur les violations présumées des droits humains commises pendant les 22 années durant lesquelles Yahya Jammeh était au pouvoir. Mais ces annonces suscitent peu d'enthousiasme au sein de la société, vu les lenteurs prises dans le processus de réconciliation.

Quelques jours après la fuite d'une conservation téléphonique entre Yahya Jammeh et un cadre de son parti, Banjul brandit la menace judiciaire et rappelle que des enquêtes sont en cours contre l'ex-homme fort du pays.

« Nous sommes aussi au courant de l'assassinat du journaliste Déïda Aïdara et de l'ancien ministre des Finances, Ousman Koro Cissé, affirme Ebrima Manneh, porte-parole du gouvernement. Nous avons pris connaissance du dossier du journaliste Chief Ebrima Manneh qui a été arrêté, enlevé et qui a ensuite disparu. Le gouvernement d'Adama Barrow va enquêter sur tous ces présumés crimes et traduire les auteurs de ces violences devant la justice. »

Dans la société civile, on sent une certaine indifférence face à ces déclarations, à cause des lenteurs prises dans l'installation de la Commission vérité et réconciliation. Comme l'explique Saul Mbenga, membre du Centre pour les victimes de violations des droits humains : « Cette commission aurait peut-être dû démarrer ses travaux dans les 6 mois qui ont suivi l'élection du président en 2017. Les membres de la commission sont allés en Afrique du Sud, en Sierra Leone, etc. Mais à leur retour, ils se plaignent sans cesse de manquer de moyens. Depuis l'incident de Kanilaï, aucune enquête n'a été menée sur le terrain, aucun expert n'a été engagé pour examiner les corps des victimes. Rien! Les familles des victimes souffrent. »

De son côté, l'APRC (parti de Yahya Jammeh) affirme qu'une enquête va être menée pour authentifier l'enregistrement audio diffusé sur les réseaux sociaux.

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