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Madagascar

Madagascar: bras de fer entre agriculteurs et la société QMM

Extraction d'ilménite sur la côte sud de Madagascar, dans la ville de Fort Dauphin (photo d'archives).
© AFP/Roberto SCHMIDT

A Madagascar, c’est le bras de fer entre les agriculteurs et la société d'extraction d'ilménite QMM. Depuis 2005 cette entreprise détenue à 80% par le groupe canadien Rio Tinto exploite ce minerai dans l'extrême sud de la Grande Ile, dans la ville de Fort Dauphin. Près de 2 500 agriculteurs et pêcheurs disent n'avoir pas reçu les compensations que la société leur doit pour l'exploitation de leurs terres. A Madagascar, une société étrangère ne peut pas acheter de terres. Vendredi 20 juillet, une délégation de ces paysans de Fort Dauphin s'est rendue dans la capitale Antananarivo espérant pouvoir faire entendre leur voix auprès des autorités.

Les paysans des communes d'Ampasinahampoana et Mandromodromotra sont les plus touchés par cette exploitation d'ilménite, un minerai utilisé notamment dans la fabrication de peinture ou de plastique.

« Nous réclamons cet argent parce que ce sont les terres de nos ancêtres, de nos grands-pères et de nos pères, explique Alain Mahazomanana, le trésorier de l'association Mpamboly Mitambatra, les agriculteurs unis de Fort Dauphin. Ce sont ces terres qui nous nourrissaient. Donc quand QMM a pris ces parcelles, ils devaient nous dédommager. Ils nous ont fait partir de là et ils ont fait un contrat avec nous. Ils avaient accepté de donner de l'argent et d'assurer la subsistance de nos enfants jusqu'à ce que QMM quitte cet endroit. »

La délégation indique que l'accord passé avec QMM en 2005 prévoyait une compensation de 260 euros par an pour chaque agriculteur pendant les 40 ans d'exploitation de leurs terres par la société.

A ce jour, ils n'ont reçu que 50 euros en 2015 et 13 centimes d'euros par m2 de terre en 2016. « QMM n'a jamais respecté ce qui était convenu et, je suis désolée, l'Etat laisse faire, déclare Zo Randriamaro, coordinatrice du Centre de recherche et d'appui pour les alternatives de développement - Océan Indien (CRAAD - OI). Vous voyez alors de quel côté est l'Etat dans cette affaire. Si on n'obtient rien au niveau national, nous sommes prêts à les accompagner pour porter l'affaire au niveau international, si QMM veut en arriver là. »

L'Etat malgache détient 20% de cette société d'extraction.

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