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Tchad Justice

Tchad: l'ex- gouverneur de Doba condamné à du sursis en appel

Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena (archive).
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

Au Tchad, la Cour d'appel de N'Djamena a réduit, vendredi 20 juillet, les peines de l'ex-gouverneur du Logone oriental et des cinq gendarmes accusés d'avoir fait tirer sur des magistrats et un avocat. Condamnés à 5 et 6 ans de prison ferme, ils n'écopent plus que de 2 ans avec sursis et une amende. Ils ont quitté la maison d'arrêt vendredi soir.

A l’ouverture du procès en appel, jeudi 19 juillet, les avocats de la partie civile ont récusé la composition de la Chambre qui comporte des magistrats qui n’en faisaient pas partie initialement, mais ils ne seront pas entendus. Les avocats quittent l’audience et saisissent le ministre de la Justice, sans empêcher la suite du procès.

Ce vendredi, la 4ème Chambre de la Cour d’appel a condamné les prévenus à deux ans de prison avec sursis et des amendes allant de 100 à 500 000 francs CFA. Maître Gouara Olivier, un des avocats de l’ancien gouverneur, est satisfait de voir son client quitter la prison mais entend interjeter appel pour que les chefs d’accusation retenus contre lui soient levés.

« C’est vrai qu’on a retenu l’ex-gouverneur dans les liens de toutes les infractions mais le combat n’est pas fini. Nous allons faire un pourvoi en cassation afin que les juges de la Cour suprême décident », a-t-il annoncé.

Maître Doumra Manassé, l’avocat sur qui l’ancien gouverneur a fait tirer, interprète le verdict de la Cour d’appel. « C’est normal que la justice soit attaquée ? C’est normal que les magistrats de Doba doivent être attaqués et tués ? C’est normal qu’on vienne tirer dans les locaux de la justice ? Aujourd’hui, moi, j’ai échappé mais à qui le tour !? On s’en remettra finalement, dans ce pays, à Dieu seul », s'indigne t-il.

Dans le milieu judiciaire, on s’étonne surtout de la célérité avec laquelle l’affaire a été menée. En deux mois, on a déjà franchi le cap de la cour d’appel, alors que de nombreux prévenus attendent en prison depuis des mois, voire des années, sans être présentés à un juge.

A Doba cette affaire avait entraîné un mouvement de grève des magistrats, avocats, notaires et huissiers de justice tchadiens.

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