Elections en Mauritanie: des candidats atypiques pour l’IRA et Sawap

Une manifestation contre l'esclavage et la discrimination à Nouakchott, le 29 avril 2015.
© AFP PHOTO / STRINGER

Les Mauritaniens se rendront aux urnes le 1er septembre prochain pour des élections régionales, municipales et législatives. Lors d’une conférence de presse commune, le parti panarabe  Sawap ainsi que le mouvement abolitionniste IRA, déjà liés par une alliance électorale depuis le 30 mai dernier, ont pris la décision de présenter, parmi leurs candidats à un poste de député, une ancienne esclave libérée en 2008 seulement, après 35 ans de captivité ainsi qu’une veuve négro-africaine dont le mari a été assassiné lors des massacres de militaires mauritaniens noirs, durant les années 90.

La veuve du militaire, un négro-mauritanien, s’appelle Adama Sy. Elle défendra les couleurs de la coalition Sawap-ira. Biram Dah Abeid, président du mouvement IRA, justifie ce choix.

« Elle est mère d’orphelins. Elle est veuve d’un mari assassiné. Cette femme représente un échantillon important des victimes que nous soutenons. Elle doit aussi entrer au Parlement pour représenter cette catégorie de victimes », souligne-t-il.

Autre victime des violations des droits de l’homme dans le pays, investie sur la liste nationale pour siéger au Parlement : Habi Mint Rabah, ancienne esclave, que le mouvement IRA a réussi à faire libérer, en 2008.

« C’est une victime de l’esclavage qu’on a libérée. Elle avait alors un vécu de 35 ans dans l’esclavage. Elle est dans nos rangs, militante, et c’est elle qui va porter la contradiction au groupe dominant esclavagiste,  dans le futur Parlement mauritanien », a précisé Biram Dah Abeid.

Le mouvement abolitionniste de Biram Dah Abeid pourra participer à ces élections et c’est une première. Jusque-là, IRA ne pouvait pas participer à ce scrutin, n’ayant pas reçu la légalisation de son parti politique, le Rassemblement pour une Action Globale.

C’est son alliance avec Sawap qui lui permet, aujourd’hui, de présenter des candidats. Son leader, Biram, avait pris part à la présidentielle de 2014 où il avait terminé deuxième, derrière le président Ould Abdel Aziz.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.