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RDC

Expropriations à Mbobero en RDC: le vice-président de la Céni s’explique

Une femme passe devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) le 5 novembre 2017 à Kinshasa.
© JOHN WESSELS / AFP

Les suites de l'affaire des expropriations de Mbobero en RDC. Pour la première fois depuis la diffusion sur les réseaux sociaux d'un documentaire polémique sur l'acquisition par le président Kabila d'un terrain dans le Sud-Kivu, l'une des personnalités citées se justifie. Il s'agit du vice-président de la Commission électorale de la RDC, Norbert Basengezi, qui avait servi à l'époque d'intermédiaire. Il a écrit une longue note adressée aux représentants de sa communauté pour expliquer le rôle qu'il a joué et pointer du doigt d'autres responsabilités.

Pour l'actuel vice-président de la Céni et député du parti présidentiel, il ne faut blâmer ni le président Kabila ni lui-même pour le déroulement des évènements de Mbobero. Quand la Nouvelle dynamique de la société civile, une ONG du Sud-Kivu, dénonce l'expropriation par la garde républicaine de plus de 2 000 habitants sans compensation, Norbert Basengezi assure qu'il n'y avait que huit travailleurs sur cette concession dans les années 80 et qu'il faudrait plutôt blâmer les différents officiels qui ont distribué des titres de propriété sur cette terre, et permis la construction de maisons, d'un hôpital et d'une école.

Pour le vice-président de la Céni, il faut se souvenir que le chef de l'Etat a acheté ce terrain 300 000 dollars. « Ailleurs, on donne des terrains au chef de l'Etat, chez nous (...), il l'achète, mais on continue à le vilipender », plaide le député de la majorité auprès de sa communauté. « On a aussi une famille quand on est chef d'Etat », écrit encore Norbert Basengezi. Il insiste sur le fait que son rôle s'est arrêté en 2009, que c'est Me Nkulu, aujourd'hui juge à la Cour constitutionnelle, qui a géré l'essentiel de la transaction. Norbert Basengezi appelle sa communauté, les Bashi, à relever « son honneur dans ce dossier » et à constituer un conseil des sages chargé de mener des négociations.

Après la diffusion du documentaire, intitulé « La raison du plus fort est toujours la meilleure », plusieurs personnes qui avaient travaillé sur ce documentaire ou témoigné se disaient menacées. Notamment deux journalistes, le réalisateur et le monteur du film. Mais aussi le président de la NDSCI, l'ONG qui lutte pour la reconnaissance de ces victimes. L'avocat de la Nouvelle dynamique de la société civile a demandé au parquet d'ouvrir une enquête sur toutes ces menaces.

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