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Libye France

Le chef de la diplomatie française en Libye pour faire aboutir l'accord de Paris

Le ministre français des Affaires étrangères a été reçu par le Premier ministre du gouvernement d'union nationale libyen Fayez al-Sarraj, à Tripoli, le 23 juillet 2018.
© STR / AFP

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s'est rendu en Libye ce lundi 23 juillet pour presser à la tenue des élections présidentielle et municipales prévues avant de la fin de l'année dans ce pays instable. Il y a rencontré les responsables à Tripoli ainsi qu'à Misrata et Benghazi et Toubrouq pour faire aboutir l'accord trouvé à Paris le 29 mai sous l’impulsion du président Emmanuel Macron.

C'est pour rappeler à tous les partis libyens le contenu de l'accord du 29 mai que Jean-Yves Le Drian effectue ce troisième déplacement en Libye ce lundi 23 juillet. C'est aussi pour annoncer le soutien financier et logistique de la France dans l'organisation de ces élections. Un don d'un million de dollars qui passera par l'ONU.

C'est à l'issue de sa rencontre à Tripoli avec Fayez al-Sarraj, le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, et plusieurs autres responsables, dont son homologue libyen, que le ministre français a fait ses annonces.

Le chef de la diplomatie française s'est déplacé ensuite à Misrata, pour rencontrer les dignitaires de la ville qui étaient absents lors de l'accord de Paris. La France souhaite élargir le processus de Paris à tous les partis qui combattent les terroristes.

Jean-Yves Le Drian a également rencontré les responsables de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi, et enfin le chef de la Chambre des représentants à Tobrouk, les pressant également à appliquer le calendrier des élections.

Ce calendrier prévoit la tenue des élections le 10 décembre 2018, et l'adoption d'une loi électorale avant le 16 septembre prochain.

Respecter les échéances s'avère de plus en plus difficile

Depuis l'accord trouvé à Paris le 29 mai dernier pour une sortie de la crise en Libye par la voie des élections, avec un agenda précis pour la tenue de ses élections, plusieurs observateurs ont trouvé très « ambitieux » le contenu de cet accord. C'est « comme se tirer une balle dans le pied », critique un observateur présent lors de l'accord.

Quant à Cédric Perrin, sénateur de l'opposition et co-auteur d'un rapport récent sur la Libye, il considère comme d'autres spécialistes « précipité » d'annoncer un agenda pour les élections avant la fin de l'année. Aujourd'hui, les élections « c'est plus pour faire plaisir au président » français « que pour régler le problème libyen », a-t-il récemment déclaré, en soulignant que « vouloir tout, tout de suite, c'est la certitude d'échouer ».

Sur le terrain, à 138 jours de la date prévue de ces élections rien n'est réalisé, ni le cadre juridique, ni les préparations logistiques, ni la volonté politique des partis qui sont livrés à une lutte acharnée pour le pouvoir ni les milices qui craignent de perdre la main sur certaines ressources. Autant de facteurs qui pourraient perturber la tenue des élections.

Respecter les échéances s'avère désormais de plus en plus difficile, surtout que la France se heurte aussi à l'opposition italienne à l'agenda qu'elle a proposé.

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