Tunisie: les propositions progressistes de la Colibe suscitent espoir et menaces

Vue intérieure de la nouvelle Cité de la culture, lors de son inauguration, le 21 mars 2018.
© FETHI BELAID / AFP

A Tunis, 92 associations ont signé mardi 24 juillet un pacte pour l'égalité et les libertés individuelles. Un moyen de montrer leur soutien à la Commission pour les libertés individuelles et l'égalité (Colibe). Mise en place par le président de la République Béji Caïd Essebsi, cette commission recommande notamment l'égalité dans l'héritage entre les hommes et les femmes, la dépénalisation de l'homosexualité mais aussi l'abolition de la peine de mort. Mardi soir à la Cité de la culture, au coeur de la capitale tunisienne, se tenait pour l'occasion le Congrès de Tunis pour l'égalité et les libertés.

Représentants d'associations, activistes, mais aussi artistes. Près de 300 personnes étaient réunies pour exprimer leur soutien aux propositions de la Colibe. Parmi elles, Yosra Frawes, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates : « On a voté une belle Constitution en 2014, qui a reconnu un éventail large de droits et de libertés individuelles. Et donc il est temps qu'il y ait une harmonisation de tous les textes juridiques tunisiens avec cette Constitution. »

Mais la Colibe est dans la tourmente depuis la publication de son rapport le 12 juin dernier. Elle subit attaques et menaces de la part des franges les plus conservatrices de la société. Mais ce n'est pas ce qui inquiète le plus Slim Laghmani. Juriste, il est l'un des membres de cette commission : « Il y avait bien dans le rapport de la Colibe des conclusions qui heurtent le droit musulman sur la peine de mort, sur l'égalité dans l'héritage. Maintenant ce qui m'importe le plus, c'est qu'est-ce qui va être retenu de ce rapport. Mais on ne sait pas ce qui va passer. »

En coulisses, il se murmure que la plupart des propositions de la Colibe seront rejetées. A l'exception d'une : l'égalité successorale. Le président de la République s'y était déjà déclaré favorable il y a un an. Il pourrait annoncer un projet de loi en ce sens le 13 août prochain, à l'occasion de la journée nationale des droits des femmes en Tunisie.

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