Mali: 20 candidats à la présidentielle veulent rencontrer le Premier ministre

Soumeylou Boubèye Maïga, le Premier ministre malien, en décembre 2017 lors d'une cérémonie de décoration à Koulouba.
© HABIBOU KOUYATE / AFP

Au Mali, trois candidats à l'élection présidentielle et les représentants de 17 autres se sont réunis, ce mercredi, à Bamako. Ils émettent des doutes sur la fiabilité du fichier électoral et veulent rencontrer le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga. Cette rencontre de haut niveau devrait permettre, selon eux, d'aborder les aspects juridiques et éventuelles sources de contentieux de ce scrutin.

La réunion de concertation a regroupé 20 des 24 candidats à la présidentielle ou leurs mandataires. A l’unisson, le groupe demande une rencontre de haut niveau autour du Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maïga, pour examiner les conditions « politiques et techniques d’un scrutin crédible le 29 juillet ».

Il souhaite ensuite la présence à cette rencontre de représentants des candidats de la communauté internationale et de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le Premier ministre n’a pas encore officiellement répondu, du moins d’après nos informations.

Un fichier jugé pas crédible

En attendant pour ces 20 candidats, le fichier électoral n’est toujours pas crédible. Ils maintiennent que le fichier électoral mis en ligne n’est pas celui audité par des experts internationaux en leur présence. Ils ajoutent aussi que les arguments fournis par le ministère malien de l’Administration territoriale et la délégation générale aux élections (DGE) ne sont pas convaincants.

Que faire donc à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle malienne ? Pour le moment, c’est toujours un dialogue de sourds. Mais les candidats qui tapent du poing sur la table pourraient rapidement déplacer le problème sur le terrain du droit. Ils ont décidé de saisir les autorités judiciaires pour situer les responsabilités.

Nous avons malheureusement constaté que plusieurs informations données par le gouvernement n’étaient pas exactes, notamment sur la question des électeurs inscrits en double, en triple, en quadruple et en quintuple. Nous avons vu des éléments très précis. Ce ne sont pas des homonymies. Ce sont bien les mêmes électeurs avec le même numéro de carte d’électeur qui est inscrit dans plusieurs circonscriptions électorales. Donc avec le risque que plusieurs cartes d’électeur soient émises au nom de ces électeurs et donc que des votes au fictif puissent être constatés le dimanche.

Moussa Mara Yelema
26-07-2018 - Par Bineta Diagne

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