La recrudescence des violences sexuelles en RDC inquiète l’ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU (photo d'illustration).
© REUTERS/Eduardo Munoz

Les violences sexuelles en République démocratique du Congo étaient au menu du Conseil de sécurité ce jeudi 26 juillet. De nombreux Etats membres se sont dits préoccupés par leur recrudescence. En six mois, l'ONU a enregistré plus de cas de violences sexuelles cette année que durant la même période l'an dernier, y compris commises par les forces de sécurité. Fait rare, c'est une activiste congolaise qui a été invitée à en parler. Elle est venue réclamer au Conseil de sécurité  que la Monusco fasse plus pour aider les civils.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Dirigeant à Goma la Synergie des femmes pour les victimes de violences sexuelles, une plate-forme de 35 organisations, Justine Masika Bihamba ne dénigre pas le travail de protection effectué par la mission de l'ONU en République démocratique du Congo. Mais en s'exprimant devant le Conseil de sécurité, elle veut apporter quelque chose de complémentaire aux rapports officiels de la Monusco. « Moi qui vit toujours dans la communauté, j'ai peut-être un autre message, une autre vision par rapport au bureau qui est sur le terrain », a-t-elle affirmé.

Et son constat est douloureux. Revenue au pays après avoir dû s'exiler à cause de menaces de morts, son travail va de l'alphabétisation au plaidoyer juridique. Elle réclame ainsi que l'ONU maintienne au moins ses budgets pour protéger les populations.

« A cause des diminutions des financements de la Monusco, il y a des bureaux qui n'arrivent pas à faire des descentes sur le terrain pour documenter les violations des droits humains. Il y a toujours des civils qui sont en train de mourir, parce que le déploiement rapide arrive toujours après. Donc ce que je viens demander c'est  qu'on puisse voir comment restaurer les bases de la Monusco dans des endroits sensibles », a lancé la jeune femme.

Justine Masika Bihamba sait qu'avec la perspective des élections en décembre prochain, son pays entre dans une phase décisive. Jeudi 26 juillet, les Etats-Unis ont regretté publiquement que Joseph Kabila n'ait pas encore officiellement annoncé qu'il se retirait de la course présidentielle, alors que la Constitution l'empêche normalement de briguer un troisième mandat.


 ■ Esclaves sexuelles au Kasaï : un calvaire qui se prolonge

Les autorités restent toujours silencieuses sur la soixantaine d'esclaves sexuelles détenus, selon l'ONU, depuis plus d'un an par des milices dans la province du Kasaï : des enfants, des filles pour la plupart, qui ont été kidnappés par les milices Bana Mura, ces milices accusées par l'ONU comme des organisations de défense des droits de l'homme de travailler avec certains officiers de l'armée congolaise et autorités locales.

Il y a des enfants même de 6 ans, de 7 ans. On les utilise pour faire le champs et la nuit des fois, c’est trois ou quatre hommes qui les prenaient.

Philomène Muamba, présidente de l’Association pour la défense des droits des femmes et des enfants opprimés
27-07-2018 - Par Sonia Rolley

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.