Congo: 13 jeunes morts dans un commissariat, une bavure policière selon l’OCDH

Vue de Brazzaville, capitale du Congo.
© Wikimedia/Jomako

A Brazzaville, la version du gouvernement rejoint finalement peu à peu celle de l'OCDH, l'Observatoire congolais des droits de l'homme, après la mort de 13 personnes le week-end dernier (21-22 juillet). En début de semaine, les autorités affirmaient qu'une rixe entre bandes rivales était à l'origine du drame. Jeudi, le ministre de l'Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou est revenu sur cette version. Répondant à une question à l'Assemblée nationale, il a reconnu que les victimes avaient bel et bien trouvé la mort au cours de leur garde à vue.

Les autorités assuraient que rien ne s'était passé au commissariat Chacona de Brazzaville. Désormais, elles n'excluent pas une bavure policière, confirmeThierry Moungalla, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement : « Il y a eu effectivement un groupe de jeunes qui ont été interpellés dans le commissariat de Chaconat. Il y a manifestement quelque chose qui s'est passé dont les circonstances sont à déterminer. Et il a été constaté, hélas, le décès de 13 de ces jeunes ».

Treize jeunes que les autorités soupçonnaient d'être impliqués dans un « assassinat crapuleux », perpétré début juillet par des bandes de délinquants, dits « Bébés Noirs ». Des accusations rejetées en bloc par l'OCDH.

C'est ce qu'explique Trésor Nzila, le directeur de l'antenne brazzavilloise de l'organisation : « Là encore, le ministre de la Communication cherche des excuses pour maquiller son mensonge. Mais il est clair que très vite, ils ont été rattrapés par la vérité ».

L'OCDH dit s'être entretenu avec sept familles de victimes et une cinquantaine de témoins. Pour Trésor Nzila, la bavure policière ne fait aucun doute : « Nous avons pu échanger avec les codétenus qui étaient dans la cellule. Les policiers se sont permis de les violenter. La torture administrée, l'étroitesse de la cellule, les mauvaises conditions. Tous ces facteurs réunis ont contribué à ce drame ».

D'après les autorités, les enquêtes judiciaires et administratives se poursuivent.
L'OCDH prévoit, de son côté, de rendre les conclusions de son rapport dans les prochains jours.

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