Le Maroc face au défi du dépistage de l'hépatite C

Une infirmière du service d'Hépatologie de l'hôpital Geneviève de Gaulle Anthonioz de Saint-Dizier, montre deux tests rapides d'orientation diagnostique (TROD), permettant le dépistage, rapide et sans prise de sang, de l'hépatite C, le 18 mai 2011.
© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Le 28 juillet est la journée mondiale de lutte contre les hépatites, une maladie virale qui touche des millions de personnes dans le monde. Parmi les 5 formes d'hépatites connues, l’hépatite C est l'une des plus fréquentes. Malgré l'existence de traitements efficaces contre cette infection, le dépistage reste encore un maillon faible dans la lutte contre celle-ci.

Plus de 70 millions de personnes dans le monde sont porteuses d'une hépatite chronique C. En l'absence de traitement, cette forme de la maladie peut entrainer la mort par cirrhose ou cancer. Alors que des traitements efficaces existent, le dépistage de cette infection reste encore insuffisant dans certains pays.

« Au Maroc, on n’a pas des études vraiment fiables, on estime qu’il y aurait quand même 500 000 personnes porteuses du virus de l’hépatite C, dont la plupart ne sont pas diagnostiqués, indique Mehdi Karkouri, président de l'association de lutte contre le sida et les hépatites au Maroc. Si vous ne savez pas que vous êtes porteur d’une hépatite C, vous ne pouvez pas savoir que vous avez besoin de traitement. Donc, aujourd’hui il y a les traitements, ils sont efficaces, relativement accessibles, mais on a le problème du dépistage : les gens n’y vont pas par manque d’information, parce que c’est compliqué, le dépistage n’est pas disponible partout, parce que c’est cher. Et ça, c’est un frein important à la prise en charge de l’hépatite.

« Et le paradoxe du Maroc est que le pays est producteur de génériques contre l'hépatite C, mais il n'a toujours pas mis en place un plan de lutte contre cette maladie. Pour éradiquer l'hépatite C, l'Organisation mondiale de la santé recommande de dépister 90% des personnes porteuses du VHC [virus de l’hépatite C, NDLR] et traiter 80% des malades. »


Différemment du virus du VIH ou la tuberculose, le nombre de touchés par les hépatites ne cessent de croître dans le Monde

Parmi les cinq formes d'hépatites connues, il y en a deux qui sont les plus répandues et sur lesquelles l'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à plus d'actions de dépistage et de traitements, dont le nombre d’infections ne cesse d’augmenter : les hépatites B et C.

Une situation alarmante, selon le docteur Ivan Hutin, du programme mondial des hépatites à l'OMS.

On a environ 325 millions de personnes infectées avec le virus de l’hépatite B ou l’hépatite C qui représentent notre souci principal. On a cinq hépatites, de A, B, C, D à E, mais c’est le B et le C qui causent à peu près 95% de la mortalité, qu’on estimait en 2015 à 1,3 million de morts. Et ça, c’est inquiétant, car ça continue d’augmenter. Si on compare par exemple avec le VIH, la tuberculose ou la malaria, le taux de mortalité dans le monde diminue à cause d’interventions assez efficaces, mais pour les hépatites, ça a tendance à augmenter.

Le message principal [de l’OMS à l’occasion de cette journée], c’est de tester et de traiter l’hépatite. L’OMS recommande à tout le monde, que ce soit la population, les agents de santé ou le gouvernement, de mettre en place des politiques qui permettent de tester et de traiter les gens pour l’hépatite

Dr Yvan Hutin, de l'Organisation Mondiale de la Santé
28-07-2018 - Par Aram Mbengue

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