RDC: la justice classe sans suite l’enquête sur la mort de Luc Nkulula

Des militants de la Lucha dans le cortège funéraire de Luc Nkulula, le 14 juin 2018, à Goma.
© Alain WANDIMOYI / AFP

En République démocratique du Congo (RDC), la justice a classé sans suite l’enquête sur l’incendie qui a causé la mort, dans la nuit du 9 au 10 juin dernier, du militant Luc Nkulula, grande figure de la Lucha. Le mouvement citoyen Lutte pour le changement conteste les résultats des investigations.

« C'est un incident malheureux. Il n'y a aucun prévenu à poursuivre ». La justice de la République démocratique du Congo classe ainsi, sans suite, l'enquête sur la mort de Luc Nkulula. Ce militant historique du mouvement citoyen de la Lucha avait trouvé la mort dans l'incendie de sa maison de Goma.

Joint par RFI, le procureur de la ville, Dauphin Mawaso, nous détaille les conclusions de l'enquête et défend la manière dont celle-ci a été menée.

« Nous avions requis une autre police, technique et scientifique, spécialiste en matière d’incendie. Cette police avait été appuyée par d’autres experts de la Monusco, venus spécialement de Kinshasa. Après deux jours d’enquête fouillée, leur conclusion était que l’incendie qui avait causé la mort de Luc Nkulula avait été occasionné par l’explosion de sa batterie, batterie qu’il utilisait pour s’alimenter en énergie solaire et qui a répandu le feu dans toute la maison. En dehors de cette batterie, les experts n’ont trouvé aucun autre élément, aucune autre pièce, aucun autre engin extérieur qui pouvait avoir occasionné cet incendie ».

Une toute autre version de la Lucha

Pour Fred Baoma, militant de la Lucha, cette enquête a été, au contraire, menée à la légère. En effet, il est persuadé que l'incendie est d'origine criminelle. Luc Nkulula avait beaucoup d'ennemis à cause, selon lui, de son engagement militant.

« De tous les témoignages que nous avons reçus, le feu serait parti d’en bas, notamment du salon de Luc. Les batteries se trouvent à l’étage. Comment expliquer que les batteries se trouvant à l’étage et qui exploseraient, le feu ait pris en bas, au salon ? Cela contredit complètement le fondement même de ce rapport », fait-il remarquer.

« Nous avons donc l’impression que la police a voulu, très vite, se débarrasser d’une enquête qui pourrait être gênante pour certaines personnes. Il nous semble qu’il n’y a pas de volonté de trouver la vérité », a-t-il ajouté.

« Il y a beaucoup d’éléments qui nous font penser que la cause était criminelle et nous continuerons à demander à ce qu’il y ait justice pour Luc, à ce que les personnes qui sont d’une manière ou d’une autre - directement ou indirectement - impliquées dans ce que j’appelle un meurtre, puissent être jugées. Et si la police ne peut pas établir les faits, alors on fera tout ce qui est possible pour, au moins, montrer que cette enquête de la police est non fondée, que c’est une mascarade et que nous allons pousser pour que nous ayons une enquête réellement indépendante », a tenu à souligner Fred Baoma, militant de la Lucha.

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