L'Erythrée s'en prend aux sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU

(Photo d'illustration) Le président érythréen, Issayas Afewerki (G) marchant à côté du président somalien, Mohamed Farmajo, à son arrivée à Asmara, en Erythrée, pour une visite de trois jours, le 28 juillet 2018.
© Reuters

Le gouvernement érythréen critique le Conseil de sécurité de l'ONU et les sanctions imposées au pays depuis 2009. Des sanctions « injustifiées qui nécessitent réparation », selon un communiqué publié lundi 30 juillet par le ministère de l'Information. Une déclaration qui intervient dans un calendrier particulier, à la fin de la visite d'Etat du président somalien à Asmara, et quelques semaines après celle du Premier ministre éthiopien, preuves du réchauffement entre l'Erythrée et ses voisins éthiopien et somalien après des années de tensions.

Dans son communiqué, le ministère de l'Information rappelle que cela fait 9 ans que l'Erythrée est soumise aux sanctions du conseil de sécurité de l'ONU. Il qualifie ces sanctions « d'infondées et contraires à la loi » et accuse « une petite clique malveillante à Washington travaillant avec le régime du TPLF, le Front de libération du Tigré en Ethiopie » d'avoir imposé ces sanctions « dans le but d'acculer le peuple et le gouvernement érythréen ». Le ministère de l'Information demande également à ce que « les dommages infligés au pays soient compensés » et que « justice soit rendue ».

L'ONU justifie ces sanctions en raison du soutien présumé de l'Erythrée au groupe islamique des Shebabs, affilié à al-Qaïda, qui déstabilise depuis des années la Somalie. Elles concernent un embargo sur les armes, des interdictions de voyager et le gel des avoirs de plusieurs personnalités clés du pays.

Toutefois, après la proclamation de la paix avec l'Ethiopie et la réouverture des relations diplomatiques entre les deux pays, le Premier ministre éthiopien Abyi Ahmed a fait la demande officielle de la levée des sanctions sur l'Erythrée au début du mois. « Un sentiment partagé par le président somalien » en visite le week-end dernier à Asmara.


■ Amnesty International demande la fin du service militaire obligatoire et à durée indéterminée en Erythrée

Le gouvernement a instauré le service national obligatoire en 1995. Selon la loi, toute personne arrivant à sa dernière année de scolarité effectue 18 mois de service militaire, dont six mois d’entraînement. Lorsque les relations se sont dégradées avec l’Ethiopie voisine, à la suite du violent conflit frontalier de 1998 à 2000, la durée du service militaire a été prolongée indéfiniment et arbitrairement. Aujourd'hui, le réchauffement diplomatique et le retour de la paix avec l'Ethiopie doivent amener le pouvoir érythréen à revoir sa politique de défense.

Depuis très longtemps, le gouvernement soutient que le conflit frontalier justifie un service militaire obligatoire et à durée indéterminée. Il y a par exemple des gens qui font leur service depuis plus de 20 ans. Et une fois que vous êtes enrôlé, vous avez peu de chance d'obtenir une permission pour voir votre famille. Du coup les familles sont déchirées.
Fisseha Tekle, chercheur spécialiste de l’Ethiopie et l’Erythrée à Amnesty International
01-08-2018 - Par Jeanne Richard

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