Esclaves sexuelles au Kasaï: la Monusco monte au créneau

Des femmes et des filles sont détenues depuis plus d'un an par les milices Bana Mura qui sévissent dans le territoire de Kamonia dans la province du Kasai, selon la Monusco.
© Google Maps

En République démocratique du Congo, la polémique se poursuit sur le cas de femmes et de filles détenues depuis plus d'un an par les milices Bana Mura qui sévissent dans le territoire de Kamonia dans la province du Kasai. Selon l'ONU, ce sont une soixantaine de femmes et d'enfants, des filles pour la plupart, qui sont depuis avril 2017 otages de ces groupes réputés proches de certaines autorités locales et officiers de l'armée congolaise. Des esclaves, des esclaves sexuels surtout. Mais le gouvernement dément leur existence. La ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a parlé d'une exagération de l'ONU, assurant que la Monusco n'avait fourni aux autorités aucune information de nature à prouver l'existence de ces victimes. Et pourtant la Monusco assure encore aujourd'hui avoir tout fait pour obtenir du gouvernement qu'elles soient libérées.

La Monusco dit avoir documenté ces faits depuis décembre 2017 et avoir immédiatement saisi les autorités et notamment le ministre de la Défense par une lettre datée du 26 décembre intitulée « Alerte sur les violences sexuelles et enlèvements de femmes et d'enfants dans le territoire de Kamonia ».

Une enquête a été effectuée en décembre 2017 et à ce moment-là la Mission avait pu confirmer l’enlèvement de 66 personnes… depuis lors, certaines ont pu être relâchées. Dès que la mission a eu connaissance des faits, elle a alerté le gouvernement congolais afin de faciliter la libération des otages. Des courriers ont été envoyés à Kinshasa : un premier courrier le 26 décembre et un autre courrier a été envoyé au mois de juin…

Esclaves sexuelles au Kasaï: écoutez les précisions de Florence Marchal, porte-parole de la Monusco
01-08-2018 - Par Sonia Rolley

A l'époque, la mission onusienne disait avoir documenté l'existence de 66 victimes, surtout des petites filles, détenues près de Kakondo et Kamabonzo. Comme l'expliquait la ministre des Droits humains ce mardi, tant au niveau provincial que national, les autorités ont émis des doutes, mais l'ONU dit avoir fourni en janvier 2018 au gouverneur du Kasai, non seulement la liste précise des victimes, mais aussi des plans avec cette fois la localisation des fermes où se trouvaient les otages.

Aujourd'hui, la société civile et l'ONU parlent d'une trentaine de rescapés, mais elles seraient encore des dizaines à être détenues – entre 60 et 80, selon les sources. L'ONU dit avoir tout tenté, notamment en négociant avec les preneurs d'otages, y compris avec le chef Muyej épinglé par différents rapports depuis août 2017 avec ses miliciens Bana Mura comme l'un des principaux supplétifs de l'armée.

Une nouvelle table ronde en juin avait permis la libération de 3 enfants. Depuis plus rien, même si, le 1er juin, l'ONU a envoyé de nouveau une liste des villages où se trouvaient les otages à la ministre des Droits humains elle-même, et à sa demande, insiste une source onusienne.

à (re)lire: il n'y a pas «de femmes séquestrées comme otages sexuels» en RDC (Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits de l'homme de la RD Congo, invitée de RFI)

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