Republier
Comores

Référendum aux Comores: l’opposition dénonce une «mascarade électorale»

Opération de vote à Moroni, Comores, lors du référendum constitutionnel, le 30 juillet 2018.
© TONY KARUMBA / AFP

Aux Comores, le «oui» est arrivé largement vainqueur à plus de 92% après le référendum constitutionnel du lundi 30 juillet. Une victoire du camp au pouvoir contestée par l'opposition qui dénonce une mascarade électorale.

Les résultats définitifs du référendum aux Comores sont tombés. Le président de la Commission, Ahmed Mohamed Djaza, a tenu mardi une conférence de presse à Moroni.

D'après lui, 92,74% des votants se sont prononcés en faveur de la réforme constitutionnelle, réforme qui renforce notamment les pouvoirs du président, en l'autorisant à briguer deux mandats successifs de cinq ans au lieu d'un seul. Ahmed Mohamed Djaza a précisé que le taux de participation au référendum s'élevait à 63,9%. Et ce, alors que l'opposition avait appelé au boycott du scrutin qu'elle jugeait illégal.

Le porte-parole des partis politiques de la mouvance présidentielle, Saïd Larifou, se félicite de ces résultats : « Moi, je ne suis pas du tout surpris. Les Comoriens se sont mobilisés malgré les intimidations, malgré les menaces qui planaient sur le pays. Ils sont venus massivement de toutes les îles, ils se sont tous réunis comme un seul homme pour dire qu’ils veulent vraiment les changements ».

Les chiffres officiels font état de 63,9% de participation, pourtant beaucoup sur le terrain disent que les bureaux de vote étaient vides. Une fausse rumeur pour Saïd Larifou : « Ici aux Comores, il y a des gens qui se sont spécialisés, et je peux vous dire qu’ils sont très efficaces, pour colporter des fausses informations. Des Comoriens, la plupart d’entre eux, qui prétendent aimer le pays alors qu’ils sont les premiers à salir, à dire des mensonges, sur ce qui se passe ici au pays ».

Suspicion de bourrage d’urnes

Dans le camp opposé, en revanche, le taux de participation au scrutin est contesté. Sur le terrain, plusieurs observateurs ont noté lundi une faible affluence dans les bureaux de vote.

Une situation que le coordinateur de l'Union de l'opposition, Ibrahim Abdourazak dit Razida, qualifie de « mascarade électorale » au profit du chef de l'Etat Azali Assoumani : « Les urnes sont pleines de bulletins, mais dans les bureaux de vote, il n’y avait personne pour aller voter. Donc ce sont eux qui ont bourré les urnes. S’ils osent dire qu’il y a un taux de participation de 63%, c’est faux. Le taux de participation ne dépasse même pas les 6%. Le président, qui impose par la force, est en train d’écraser petit à petit la démocratie. En tout cas, c’est sa meilleure façon de régner. La légalité n’existe pas ».

L'annonce des résultats du référendum n'a provoqué aucune réaction dans la capitale Moroni, ce mardi soir.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.