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Zimbabwe

Zimbabwe: heurts à Harare entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre

Heurts à Harare, au Zimbabwe, entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre, le 1er août 2018.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Au Zimbabwe, trois personnes ont été tuées ce mercredi à Harare dans des affrontements entre les forces de l'ordre et des partisans de l'opposition, a annoncé la police en fin de journée. Les partisans de l'opposition accusent la commission électorale de fraudes après l'annonce des premiers résultats partiels des élections générales. Des résultats qui révèlent que la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis 1980, a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Depuis, le climat est électrique dans la capitale. Le centre-ville est quadrillé par les forces de l'ordre et la tension persiste.

Tout a commencé en début d’après-midi : plusieurs centaines de manifestants de l’opposition se sont regroupés devant les bureaux où sont dépouillés les résultats des élections. La police est arrivée, il y a eu des échauffourées et ensuite l’armée est intervenue.

L’armée s’est mise à tirer provoquant d’importants mouvements de foule. De nombreuses personnes sont parties dans tous les sens. « Je me suis réfugiée dans un immeuble, témoigne la journaliste de RFI sur place. L’armée a commencé à pourchasser les journalistes et à leur taper dessus. Ils ont même cassé la caméra d’un journaliste de télévision ».

Trois morts

L’armée a fait la course aux opposants dans le centre-ville de Harare et un homme a été tué. Il a été blessé par un tir à l’estomac et a succombé à ses blessures, selon le témoignage d’une photographe de l’Agence France presse présente sur place.

« La police de la République zimbabwéenne voudrait confirmer la mort regrettable de trois personnes pendant les émeutes et la mêlée qui s'est produite dans le centre de Harare », a déclaré la porte-parole de la police Charity Charamba à la télévision nationale.

La situation est redevenue calme dans la soirée, mais l'armée est déployée dans tout le centre ville.

On a la nette impression qu'il y a eu de manipulation dans les zones rurales car ce n'est pas possible qu'un endroit comme Umzimapalamungu ait 50000 électeurs, c'est trop petit. Ça montre qu'il y a eu des fraudes et qu'il n'y a pas eu assez d'observateurs. J'ai demandé à des observateurs de la SADC et de l'UA s'ils étaient déployés dans ces zones pendant les élections. Mais la plus part étaient dans les zones rurales.

Un manifestant dans les rues de Harare
01-08-2018 - Par RFI

Emmerson Mnangagwa tient l'opposition pour « responsable »

« Nous tenons le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) et sa direction responsables de perturber la paix nationale, a déclaré le président zimbabwéen dans un communiqué. De la même façon, nous tenons le parti et sa direction responsables de tout décès, blessé et destruction de biens lors de ces actes de violence politique. »

« Nous ne tolérerons pas les agissements que nous avons observés aujourd'hui », a ajouté le ministre de l'Intérieur, Obert Mpofu, lors d'une conférence de presse dans la nuit, prévenant que « l'opposition a peut-être interprété notre compréhension comme de la faiblesse et (je) pense qu'ils testent notre détermination et qu'ils sont en train de faire une grosse erreur ».

Le MDC a pour sa part condamné l'intervention de l'armée contre ses partisans. « Aujourd'hui, nous avons vu le déploiement de chars et des tirs à balle réelle sans raison apparente, a déclaré le porte-parole du principal parti d'opposition, Nkululeko Sibanda, à la presse à Harare. Nous condamnons dans les termes les plus forts (....) la brutalité dont nous avons été victimes aujourd'hui sans aucune raison. »

Les Etats-Unis appellent à la retenue

« Nous exhortons les forces de défense du Zimbabwe à faire preuve de retenue quand elles dispersent les manifestants », a déclaré dans un tweet l'ambassade des Etats-Unis, qui se dit « profondément inquiète » des derniers développements dans le pays.

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