Nigeria: le parti présidentiel APC face aux multiples défections

Le président du Sénat nigérian Bukola Saraki dans son bureau d'Abuja, le 24 juillet 2018.
© REUTERS/Paul Carsten/File Photo

Au Nigeria, une semaine après la défection de 14 sénateurs et de 37 députés du Congrès des progressistes (APC), Bukola Saraki, président du Sénat et troisième homme fort du pays, annonce à son tour qu'il rejoint l'opposition. A mois de six mois de la présidentielle, le parti du chef de l'Etat Muhammadu Buhari fait face à une crise ouverte.

Retour à la case départ. Cette semaine encore, plusieurs leaders ont rejoint le parti d’opposition du PDP, formation qu’ils avaient pour la plupart d’entre eux quittée peu avant les élections de 2015.

C’est le cas de Bukola Saraki. Après avoir maintenu le doute sur ses intentions, l’ancien gouverneur de l’Etat de Kwara et actuel président du Sénat a finalement déposé sa démission mardi 31 juillet, estimant que le climat n’était plus propice au dialogue au sein de l’APC.

Dans la foulée, Mallam Bolaji Abdullahi, un proche de Bukola Saraki, porte-parole de l’APC, a également annoncé son départ, dénonçant un système rongé par la « propagande ». Autre défection de taille : celle du gouverneur de l’Etat de Sokoto (Nord), qui estime que « le parti s'est transformé en un sanctuaire pour les corrompus et une machine pour truquer et violer la démocratie ».

« Je doute que le gouvernement souffre du départ de Bukola Saraki, puisqu’il se comporte depuis longtemps comme un membre de l’opposition », relativise Lai Mohammed, le ministre de l’Information.

Reste encore quelques semaines pour souder les rangs de ce parti, qui tiendra son Congrès entre septembre et octobre.

Le président du Sénat, c'est la 3e personnalité du pays. Aujourd'hui il quitte le parti au pouvoir. Cela va forcément avoir un impact. Ces défections révèlent le fait que le président Muhammadu Buhari n'est pas parvenu à maintenir l'unité de son parti. Cela est une constante. Il n'a pas été capable de convaincre ses principaux soutiens du bénéfice qu'ils peuvent tirer de rester dans le parti et de continuer à le soutenir. Il n'a pas été en mesure de leur démontrer qu'il est possible de tous les représenter et de refléter leurs intérêts. Et c'est ce qui se joue aujourd'hui avec ces départs massifs de militants du parti. D'ailleurs, il ne serait pas surprenant de voir d'autres annonces de ce type ces jours-ci et de voir des militants du PDP quitter leur parti pour rejoindre l'APC. Nous sommes dans une période où chaque acteur se positionne dans le jeu politique en vue de l'élection.

Clement Nwankwo, directeur du Policy and legal advocacy centre d'Abuja
02-08-2018 - Par Bineta Diagne

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