Présidentielle au Zimbabwe: les observateurs internationaux s'impatientent

Dans un bureau de vote à Chegutu, au Zimbabwe, le 30 juillet 2018.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, la commission électorale a annoncé ce mercredi 1er août la victoire au Parlement du parti au pouvoir, la Zanu-PF, provoquant la colère de l'opposition. Des heurts ont éclaté dans l'après-midi entre jeunes proches de l'opposition et forces de l'ordre. La commission a jusqu'à vendredi pour publier les résultats de la présidentielle. Mais les observateurs internationaux – qui étaient plus de 1 000 dans le pays – ont appelé la commission à les publier le plus rapidement possible, lors de leur premier bilan de ce scrutin.

Ces élections sont un test critique pour le Zimbabwe, estiment les observateurs internationaux qui notent des progrès importants en termes de démocratie. Pour la première fois en plus de 15 ans, le scrutin a eu lieu dans le calme. Les partis d'opposition ont pu faire campagne dans tout le pays et le vote a été efficace. Mais les observateurs notent tous de sérieux problèmes : l'inégalité des chances entre candidats, le manque de confiance dans le processus électoral et surtout l'intimidation d'électeurs devant les bureaux de vote.

« Nous avons pu observer à l'extérieur de bureau de vote la présence de cadres de la Zanu-PF, qui dans certains cas étaient actifs. J'ai moi-même été témoin d'un cas, témoigne Elmar Brok, chef de la mission d'observation de l'Union européenne. Cette visibilité pose problème à cause de ce qu'il s'est passé lors des élections précédentes dans ce pays et peut avoir un impact sur le sentiment des gens. On a même pu voir ces personnes parler aux électeurs dans les files d'attente. Il y a eu de nombreux problèmes, mais est-ce qu'ils sont suffisamment importants pour influencer les résultats des élections ? On ne peut pas dire, en tout cas pas à ce stade. »

Les observateurs ont également appelé la commission a publier le plus rapidement possible le résultat de la présidentielle pour éviter toute violence. « Plus le temps passe, plus il y a des tensions », souligne Catherine samba Panza, ancienne présidente de la Centrafrique et observatrice du scrutin. « Normalement, tous ces candidats ont signé un code de bonne conduite s'engageant à respecter la Constitution et les lois électorales et malheureusement nous constatons que des partis commencent à se déclarer déjà gagnants et à mobiliser – ce qui est dangereux – leurs partisans pour commencer à manifester les mécontentements », s'inquiète-t-elle. Un appel quelques heures seulement avant les graves incidents entre l'opposition et l'armée dans le centre d'Harare.

On ne veut plus de ces faux résultats. Assez ! On en a assez de la Zanu-PF ! On veut les vrais résultats !

Dans la manifestation de l'opposition à Harare
02-08-2018 - Par RFI

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