RDC: Moïse Katumbi veut braver l'interdiction d'atterrir à Lubumbashi

Moïse Katumbi en juin 2015.
© Photo: Federico Scoppa/AFP

Les autorités congolaises ont officiellement fait savoir à l'opposant en exil Moïse Katumbi qu'elles refusaient son retour. Moïse Katumbi est bien décidé à rentrer ce vendredi 3 août en RDC. L'ancien gouverneur de l'ex-Katanga rentrerait par Lubumbashi pour présenter sa candidature à la présidentielle, mais l'autorisation d'atterrir n'a pas été accordée pour que son avion se pose sur le sol congolais. Une interdiction que Moïse Katumbi et ses collaborateurs semblent bien avoir l’intention de défier.

Moïse Katumbi a annoncé son arrivée à Lubumbashi pour ce vendredi 3 août au matin mais son jet privé n'a pas reçu l'autorisation d'atterrir. Dans une lettre, le maire de Lubumbashi,Ghislain Robert Lubaba Buluma, évoque le défaut d’autorisation de survol et d’atterrissage en RDC ainsi que le dossier judiciaire en cours contre Moïse Katumbi pour justifier cette interdiction d'atterrir à l'aéroport international de Lubumbashi.

Une interdiction que Katumbi et ses collaborateurs ont, semble-t-il, bien l’intention de défier. Dans ce cas, les ennuis de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga ne seront pas terminés. Car, ce même jeudi, le parquet a sorti un communiqué pour signifier que dès son arrivée sur le territoire congolais, Katumbi fera l’objet d’une arrestation immédiate pour atteinte à la sûreté d’Etat. Il s’agit bien del’affaire dite des « mercenaires » pour laquelle Moïse Katumbi avait été poursuivi il y a quelques années.

Les avocats du leader de la plateforme Ensemble pour le Changement contestent cette attitude du parquet. L’affaire, selon ses avocats, étant en suspend après l’appel interjeté à la Cour de cassation, ils ont donc pris les devants en déclarant qu'il n'y a aucune raison d'arrêter leur client.

« Nous avons entendu parler de cette menace d’arrestation. Nous sommes dans un Etat de droit, l’arrestation se fait toujours selon les règles et selon les codes de procédure. Dans ce cas précis, nous ne voyons pas la base légale parce que dans le dossier dit "des mercenaires" devant la Cour de cassation, le procureur général auprès de la Cour de cassation l’a présenté là-bas comme prévenu libre, affirme le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi, le coordonnateur du collectif des avocats de Katumbi. Le dossier de la prétendue spoliation d’immeuble est aussi devant la Cour de cassation et le procureur général auprès de la Cour de cassation n’a pas encore lancé, à notre connaissance, un mandat de plus. D’autant plus que la décision d’arrestation immédiate qui avait été prise par le tribunal de paix de Kamalondo a été frappée d’opposition et cette opposition elle-même est frappée d’appel en ce moment et l’appel est suspensif ».

Moïse Katumbi souhaite rentrer en RDC pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre prochain. Une raison de plus pour son avocat de le laisser en liberté en accord, selon lui, avec la position du comité international des droits de l'homme qui demande que l'opposant soit sécurisé pendant cette période du processus électoral.

« Nous estimons que notre client revient en liberté, d’autant plus que la procédure aussi menée devant le comité des droits de l’homme demande au gouvernement congolais de lui faciliter et de pouvoir faire librement les formalités de candidature », a jouté Jean-Joseph Mukendi.

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