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Zimbabwe

Présidentielle au Zimbabwe: le candidat de l’opposition rejette les résultats

Le leader de l'opposition zimbabwéenne Nelson Chamisa lors de sa conférence de presse, vendredi 3 août à Harare.
© REUTERS/Mike Hutchings

Lors d'une conférence de presse ce vendredi, le leader de l'opposition zimbabwéenne Nelson Chamisa a rejeté les résultats officiels de la présidentielle. Des résultats qui donnent Emmerson Mnangagwa vainqueur dès le premier tour. Le chef de l'Etat sortant est crédité de 50,8 % des voix contre 44 % pour Nelson Chamisa.

Cette conférence de presse a bien failli ne pas avoir lieu. Une cinquantaine de journalistes étaient déjà installés dans un hôtel de Harare lorsque la police antiémeute a fait irruption, bouclier et matraque en main, et a ordonné aux journalistes de se disperser.

S'en est alors suivi un long face à face tendu. Un porte-parole du parti au pouvoir est alors arrivé. Après un échange avec les journalistes qui lui ont demandé si c'était là le vrai visage de ce nouveau gouvernement, il a fini par ordonner aux policiers de se retirer et de laisser la conférence de presse se dérouler.

Le leader de l'opposition s'est alors exprimé, condamnant cette intimidation. « S'ils peuvent faire ça aux journalistes internationaux en plein jour, imaginez ce qu'ils peuvent nous faire à nous », a déclaré Nelson Chamisa qui a ensuite réaffirmé qu'il rejettait les résultats de cette élection présidentielle.

Nelson Chamisa, candidat du MDC à la présidentielle
04-08-2018 - Par Alexandra Brangeon

« L'élection a été frauduleuse, illégale, illégitime », a-t-il lancé. « Nous allons utiliser tous les moyens légaux et constitutionnels » pour la contester, a ajouté l'opposant qui demande notamment l'aide de la communauté internationale. Son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a de son côté annoncé qu'il allait saisir la justice.

Le président élu Emmerson Mnangagwa s'est défendu de toute fraude. L'élection a été « libre, juste et crédible », a-t-il affirmé au cours d'un point presse au palais présidentiel. « On a assisté à une célébration de la démocratie au Zimbabwe, un festival de liberté sans entraves », s'est-il réjoui.

Nous avons déjà dit dans notre rapport préliminaire, celui des observateurs du Commonwealth, qu'il y a une utilisation excessive de la force dans des contextes politiques. Et malheureusement, je pense que nous avons assisté à un nouvel exemple aujourd'hui.

La conférence de presse mouvementée de Nelson Chamisa
04-08-2018 - Par Alexandra Brangeon

Pas de triomphalisme dans le camp Mnangagwa

La situation dans la capitale est plutôt calme. Ce vendredi matin dans le quartier de Mbare, au sud de la ville, certains habitants arboraient des t-shirts de la Zanu-PF. « On a gagné, les élections étaient libres, lançaient-ils. On veut du travail et de l’argent ».

Plus discrets, certains habitants proches de l’opposition font part de leur déception, à l’image de Mouna, sympathisant du MCD : « C’est une très grosse déception pour le Zimbabwe. J’espérais que Nelson Chamisa gagne dès le premier tour et d’ailleurs tout semble indiquer qu’il a réellement gagné. C’est un leader jeune, avec une vision moderne, quelqu’un de brillant qui portait le futur de ce pays sur ses épaules. Je ne sais pas comment les leaders politiques vont réagir, mais pour ce pays c’est cinq années supplémentaires de déprime ».

Auparavant, la nuit a été calme dans la ville, pas de klaxon, pas de cris de joie dans Harare qui était vide. Des militaires étaient visibles à des points stratégiques. Seul un petit groupe de sympathisants de la Zanu-PF dansaient devant le bâtiment qui abrite les bureaux de la Commission électorale à Harare. Il faut dire que les violences policières de mercredi, qui ont fait six morts, ont calmé les ardeurs des Zimbabwéens.

Il n'y a pas eu de fraude. Je ne sais pas pourquoi ils n'arrêtent pas de se plaindre, ils se comportent comme des enfants, ils manifestent, mais nous on veut la paix.

Dans un quartier pro-Mnangagwa en banlieue de Harare
04-08-2018 - Par Alexandra Brangeon

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