RDC: inquiétude de l’OMS face à la nouvelle épidémie d'Ebola en «zone de guerre»

Une rue de Beni, la capitale provinciale du Nord-Kivu où ont été découverts de nouveaux cas d'Ebola.
© REUTERS/Samuel Mambo

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti vendredi 3 août que les difficultés allaient être maximales pour enrayer la nouvelle épidémie d'Ebola en RDC, qui sévit dans une « zone de guerre » où les humanitaires ne peuvent pas se déplacer sans « escorte armée ».

« Les difficultés vont être maximales ». L'OMS, l'Organisation mondiale de la santé est claire: la nouvelle épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo va être compliquée à résorber. En cause, le lieu même de l'épidémie, le Nord-Kivu, une zone où des centaines de groupes armés sévissent, et classée en niveau de sécurité 4 par l'ONU, soit l'un des plus élevés. Les médecins sont obligés d'être accompagnés d'escortes armées pour se déplacer dans la région.

« Sur l'échelle du degré de difficulté, tenter d'éteindre une flambée d'un pathogène mortellement dangereux dans une zone de guerre est au sommet », a déclaré le directeur général adjoint de l'OMS, en charge des réponses d'urgence, Peter Salama, lors d'un point de presse à Genève.

L'OMS a aussi annoncé avoir identifié l'origine de cette épidémie : des funérailles non sécurisées d'une femme de 65 ans, à Mangina, une bourgade située à 30 km au sud-ouest de Beni, dans le Nord-Kivu. Sept membres de sa famille sont décédés peu après, présentant des symptômes semblables à ceux d'Ebola.

Par ailleurs, des cas potentiels d'Ebola dans dix autres localités de la région, dans la ville de Beni et dans la province d'Ituri, ont été détectés. Le risque est désormais élevé au niveau régional et national.

« Ici, c'est le niveau de sécurité 4 pour l'ONU, l'un des plus élevés », a expliqué Peter Salama, spécifiant que « plus d'une centaine de groupes armés opèrent à l'intérieur et autour du Nord-Kivu, dont au moins vingt sont très actifs ».

Enfin, l'OMS a annoncé que la souche de l'épidémie était « très probablement » la souche Zaïre, la plus mortelle, mais aussi la plus commune et contre laquelle il existe un vaccin expérimental rapidement disponible, sûr et efficace.

« Nous répondons à une épidémie de ce pathogène à haut risque, avec l'un des taux de mortalité les plus élevés parmi toutes les maladies connues, mais dans le contexte d'une zone de guerre » a écrit Peter Salama sur son compte Twitter où il publie la vidéo de sa conférence de presse.

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