RDC: pour son retour, Moïse Katumbi tente de passer la frontière par la route

Moïse Katumbi, ici le 16 juin 2017 à Paris.
© Thomas SAMSON / AFP

En République démocratique du Congo, Moïse Katumbi essaye toujours de rentrer dans le pays. C’est une condition obligatoire s’il veut pouvoir participer à la prochaine présidentielle. Mais son avion n’est pas autorisé à atterrir à Lubumbashi. C’est donc par la route qu’il va tenter de passer.

Beaucoup d’interrogations encore ce vendredi matin autour du retour annoncé de Moïse Katumbi en République Démocratique du Congo. Moïse Katumbi maintient en fait son retour malgré deux obstacles : son avion n’a pas obtenu l’autorisation de survoler le territoire congolais ni de s’y poser et la justice a annoncé qu’elle procéderait à son arrestation immédiate. Moïse Katumbi est poursuivi dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat : l’ancien gouverneur du Katanga y est accusé d’avoir recruté des mercenaires. En son absence, il a été aussi condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, pour laquelle il a fait appel. Sa défense dénonce un procès politique, la juge en charge du dossier ayant évoqué des pressions.

Mais un mandat d'arrêt a été tout de même émis, la semaine dernière, précise aujourd'hui le ministre congolais de la Justice Alexis Tambwe : « Le procureur général a émis un mandat de prise de corps, c’est-à-dire d’arrestation depuis la semaine dernière. Il a été envoyé à toutes les frontières. Il y a un jugement qui a été rendu, il y a deux ans, par un tribunal de Lubumbashi qui l’a condamné à trois ans avec arrestation immédiate. C’est sur la base de ce jugement là et pas sur celui d’autres affaires. Le Code de procédure pénal que nous avons hérité de la Belgique, et que nous n’avons pas changé, est très clair. Lorsque vous êtes condamné avec arrestation immédiate, si vous êtes dans la salle on vous emmène en prison. C’est le juge d’appel qui prend la décision contraire. Lorsque vous n’êtes pas dans la salle, la première fois que l’on vous voit sur le territoire national, on vous arrête et on attend la décision du juge d’appel ». Les autorités estiment donc que Moïse Katumbi est un fugitif.

Une fausse alerte à propos d’une autorisation qui aurait été accordée à l’avion pour atterrir à Lubumbashi a circulé un temps. Et comme il est décidé à revenir aujourd’hui même par Lubumbashi, Moïse Katumbi a trouvé un autre chemin en passant par la route. Comme il l’a confié à RFI, il a finalement atterri en Zambie voisine avant de se rendre au poste-frontière de Kasumbalesa où l'opposant est actuellement bloqué puisque la frontière a été fermée côté congolais.

Un atterrissage en Zambie

« Je suis en train de rentrer pour déposer ma candidature.Je suis à Kasumbalesa. Je ne rentre pas pour faire la guerre. Je sais que les Katangais m’attendent, je sais que tout le peuple congolais est dans l’attente. Je suis en train de rentrer. J’ai décidé de rentrer. Que le gouvernement fasse ce qu’il veut, moi, je rentre chez nous. Ils ont menacé de m’arrêter, ils ont menacé de me tuer, mais je suis en train de rentrer. Je n’ai pas peur, je ne crains rien parce que je n’ai rien fait. Il y a une frontière, je ne veux pas entrer par la brousse. Je suis Congolais, je rentre chez nous ».

Quelques kilomètres plus loin, la tension est très perceptible à Lubumbashi. Des barrages de police se sont érigés. Pour Moïse Katumbi, l’objectif de retour est clair : pouvoir se rendre en personne à la Commission électorale et déposer son dossier de candidature.

« Je vais arriver au Katanga et j’irai au siège de la Céni. La Céni appartient à tous les Congolais, la Céni n’appartient pas à des individus parce qu’ils sont au pouvoir. J’irai à Kinshasa et je demande à la communauté internationale, à la Monusco, je ne viens pas avec des chars de combat, je viens pour postuler pour être candidat à la présidence de la République démocratique du Congo, j’ai besoin de leur protection parce que les autorités congolaises ne vont pas me protéger ».

Moïse Katumbi a jusqu’au 8 août pour faire son dépôt afin de participer à la présidentielle du 23 décembre.

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