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Cameroun

Cameroun anglophone: les chefs traditionnels libérés reçus par les autorités

Un soldat camerounais à Buea, ville du Cameroun anglophone, d'où sont originaires les huit chefs traditionnels libérés. (Photo d'illustration)
© ALEXIS HUGUET / AFP

Au Cameroun, des chefs traditionnels kidnappés au mois de juillet dernier dans la région du Sud-Ouest, par des combattants sécessionnistes, ont été finalement libérés quelques jours plus tard, le 30 juillet. Ils ont été reçus, vendredi 3 août, à Yaoundé, par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. L'occasion pour le gouvernement d'envoyer un message de fermeté dans le conflit désormais armé qu'il mène contre les combattants pro-indépendance dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun.

Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, a saisi l’occasion de la réception de ces chefs traditionnels pour faire une violente diatribe des activistes et miliciens pro-indépendance.

« Les terroristes sont dans une aventure sans lendemain. Cette aventure est vouée à l’échec. Les terroristes ont franchi le seuil de la tolérance. Ils ont kidnappé les chefs traditionnels. Ils ont violé plus de 1 450 jeunes filles, âgées de 11 à 14 ans. Ils ont tué des forces de l’ordre et de sécurité américaines qui sont là pour préserver les populations. Ils ont détruit les biens publics, privés. Ils ont empêché des enfants d’aller à l’école. Je crois que personne ne peut accepter cela », a déclaré le ministre avant de réitérer la position de Yaoundé face aux dernières évolutions de la crise.

« Le Cameroun est un et indivisible et il le demeurera. Les aventuriers n’ont qu’à bien se tenir. Ils ne vont pas prospérer », a-t-il ajouté.

Les huit chefs traditionnels, originaires de Buea, ont passé deux semaines en captivité entre les mains des combattants sécessionnistes. Rien, en revanche, n’a été dit sur les conditions de leur libération.


 ■ Le cardinal Christian Tumi s’invite dans la crise

C'est une personnalité religieuse de premier plan au Cameroun. Anglophone originaire de Bamenda, le cardinal Christian Tumi s'est récemment exprimé sur la crise socio-politique qui secoue son pays avec des velléités d’indépendance manifestées par une partie des originaires des régions du nord-ouest et du sud-ouest.

Il propose l'organisation, dans les prochains jours, à Buea, d'une conférence réunissant tous les anglophones et toutes les tendances, entre unionistes, fédéralistes et séparatistes, avant l'ouverture du dialogue national, appelé avec insistance, pour régler l'épineuse question anglophone au Cameroun.

« J’ai écouté les gens parler et j’ai médité tout ce que j’ai entendu. A la fin, je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’ai constaté que beaucoup de gens attendaient que je dise quelque chose pour apaiser la situation parce que j’ai constaté que le monde et même le Cameroun ne savaient plus quel était le problème, où se situait le problème », a-t-il expliqué à RFI.

Dans sa résidence de retraite, située dans l’enceinte de l’archidiocèse de Douala, les visiteurs s’empressent. Cependant, le pasteur admet volontiers que son idée suscite autant la méfiance que l’enthousiasme : « Il y a ceux qui sont violemment opposés. Il y a les autres qui peuvent dire : "une fois de plus, vous êtes en train d’aider le pays". Il y quelqu’un qui est venu me voir, hier soir, et qui m’a dit qu’il avait décidé de ne pas aller au lit sans venir me dire "bravo". »

Si l’administration venait à empêcher la tenue de ces assises, le cardinal Tumi précise qu’il n’ira pas au bras de fer, tout en souhaitant que tous les protagonistes de la crise y voient une opportunité de désescalade.

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