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Cameroun

Cameroun anglophone: nouvelle journée ville morte à Buea

Un soldat camerounais à Buea, ville du Cameroun anglophone. (Photo d'illustration)
© ALEXIS HUGUET / AFP

Les « Ghost Town » (villes mortes en français), voilà l'une des armes utilisées par la protestation anglophone dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun. A Buea, cette stratégie développée par les militants sécessionnistes a lieu tous les lundis. Si ces villes mortes impactent l'activité économique, leurs initiateurs veulent surtout établir un rapport de force dans leur opposition au pouvoir de Yaoundé.

C’est une pratique désormais immuable. Tous les lundis, la ville de Buea présente le visage d’une ville fantôme. « Moi, j’adhère aux Ghost Town pour leur faire croire que s’ils ont réfléchi comme ça, on supporte pour montrer qu’on est pour la lutte. Lundi, on a même dit l’autre fois que même la mouche ne sort pas », estime un habitant de la ville.

Commerces fermés, rues désertes et patrouilles de police renforcées. Le « Ghost Town » a droit de citer : « les villes mortes le lundi, c'est une forme de résistance face au gouvernement. Et cette mode a été instituée par les combattants pro indépendance. C'est eux qui l'ont décidée et en ont informé les populations de Buea. C'est en définitive une forme de rébellion non violente contre le gouvernement », explique un autre habitant.

Une stratégie jugée insuffisante pour certains

Pour les partisans de la ligne dure vis-à-vis de Yaoundé, cette stratégie de ville morte est insuffisante. Ils préconisent un blocus de la desserte Buea-Douala. « Tant que le pétrole va partir de Limbé pour Douala, ils n'auront pas de problème. Mais moi si je devais proposer quelque chose, ce serait qu'on bloque cette route. Ainsi si l’argent du pétrole venait à leur défaut, ils seraient bien obligés de réagir », souhaite l'un de des partisans de la ligne dure.

Le maire de Buea essaie tant bien que mal de reprendre la main face à ce durcissement qui met à mal l’économie de la ville. Mais les commerçants, qui redoutent les représailles de la part des combattants séparatistes, rechignent à ouvrir boutique.

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