Médias fermés au Niger: le gouvernement va proposer une médiation

Vue de la ville de Niamey.
© Creative Commons/Jean Rebiffé

Trois semaines après la fermeture des premiers médias au Niger pour cause de redressement fiscal, au moins sept d'entre eux ont été fermés, malgré des négociations en cours. Le ministre de la Communication propose sa médiation et promet de lancer des consultations ce lundi 6 août pour trouver une solution.

Des dizaines de millions de francs ont été réclamés à certains médias nigériens par la Direction générale des impôts. Une première au Niger, selon nos confrères. Aujourd'hui, au moins trois chaines de télévision sont encore fermées, les quatre autres ciblées ont dû débourser des millions de francs CFA pour avoir le droit d'émettre à nouveau. Le ministre de la Communication réfute toute volonté de l’Etat de bâillonner des médias trop critiques à l'égard du pouvoir. Habi Mahamadou Salissou promet de lancer dès ce lundi des consultations avec toutes les parties, pour trouver une solution. Il est interrogé par RFI.

« La direction générale des impôts a voulu vérifier un tout petit peu toutes les entreprises de presse. Ce n’est vraiment pas au niveau de l’Etat, au niveau du ministère de la Communication, c’est exclusivement du ressort de la Direction générale des impôts. C’est du ressort technique, mais nous en tant que responsables politiques, en tant que responsables de l’Etat, nous ferons en sorte d’être justes. Je vais voir avec le Conseil supérieur de la communication et les responsables de presse, des médias, les besoins de la presse, dans quelles conditions nous pourrons trouver une solution. En tout cas, nous allons voir comment c’est possible pour ne pas montrer, que nous, le gouvernement, nous ne faisons rien du tout pour régler cette question.

RFI: Vous allez essayer de vous poser en médiateur ?

C’est bien possible de faire une médiation. Je vais aller envoyer une délégation pour rencontrer la Direction générale des impôts pour savoir de quoi il s’agit et voir ce qu’on peut faire en médiation pour régler la situation »

Inquiètude du côté du syndicat de l'information

De son côté, si le Syndicat des travailleurs de l'information et de la communication (Synatic) salue l'annonce du ministre et dit attendre la suite, il continue de dénoncer la gravité de cette situation. Pour lui, si ce n'est qu'une question pour l'Etat de trouver des fonds, ce n'est pas chez les médias indépendants qu'il faut le chercher.

« Depuis le début de la démocratie au Niger, il y a de cela plus d’un quart du siècle, on n’a pas assisté à une fermeture en cascade des organes des médias sous un prétexte de non-paiement d’impôts. Ça, c’est une première. Si c’est de l’argent que l’Etat a besoin, l’Etat connait très bien où se trouve l’argent parce que c’est ce même Etat, l’Etat du Niger, qui a de façon volontaire également cette année a décidé d’octroyer des cadeaux de l’ordre de plusieurs milliards à des multinationales. Je prends l’exemple des compagnies de téléphonie. Donc si c’est de l’argent qu’on a besoin, c’est là-bas à ce niveau qu’il faut plutôt chercher l’argent, pas avec des entreprises qui luttent pour leur survie. Mais ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est le fait que cela cible surtout des médias indépendants, des médias privés », estime Moudi Moussa, secrétaire général adjoint du Synatic.

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