Zimbabwe: comment renouer avec la communauté internationale après les violences?

Le président Mnangagwa comptait sur des élections réussies pour mettre fin à l'isolement de son pays et attirer des investisseurs (photo d'archives).
© REUTERS/Denis Balibouse

Au Zimbabwe, les premières élections présidentielles sans l'ex-président Robert Mugabe se sont tenues il y a une semaine, celles qui devaient apporter une légitimité des urnes au président Emmerson Mnangagwa, arrivé au pouvoir après la démission forcée de l'ex-président Robert Mugabe en novembre dernier. Une légitimité écornée par les violences de la semaine, alors que le nouveau chef de l'Etat cherche à renouer avec la communauté internationale.

C'est une opération de séduction ratée pour le président Emmerson Mnangagwa. L'élection s'est pourtant bien passée dans le calme.

Mais les images de l'armée réprimant violemment une manifestation de l'opposition la semaine dernière auront teinté l'image du nouveau chef de l'Etat, explique le chercheur Thierry Vircoulon : « C’est déjà préjudiciable au président  Emmerson Mnangagwa et à sa politique de dire que le Zimbabwe "is open for business" et que c’est un nouveau Zimbabwe, etc. On a vu qu’en fait, le nouveau Zimbabwe ressemble beaucoup à l’ancien. Il y a des éléments de continuité, et ce qui s’est passé dans le passé ici, c’est-à-dire que des investisseurs ont perdu leur argent parce que le régime l’avait décidé, reste une inquiétude. »

Le président Mnangagwa comptait sur des élections réussies pour mettre fin à l'isolement de son pays et attirer des investisseurs. Plus de 80% de la population est au chômage, la croissance est quasi nulle, la production manufacturière et agricole du pays s'étant écroulée ces 20 dernières années.

Mais pour l'économiste John Robertson, malgré les promesses du chef de l'Etat, l'environnement n'est pas suffisamment attractif.  « Ils vont dire que le pays n'est pas encore suffisamment ouvert pour prendre le risque. Il y a toujours des risques dans les affaires et ces risques doivent être acceptés. Mais ils chercheront des preuves que nous avons amélioré le climat des affaires, en changeant certaines règles qui permettent leurs investissements d'être sûrs. Et je pense qu'ils diront que ces risques ne sont pas encore suffisamment acceptables. »

Les donneurs internationaux - dont l'Union européenne - attendaient également un bon déroulement des élections pour débloquer des aides.

Mais il est peu probable que les évènements de la semaine dernière les aient convaincus d'un réel changement.

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