Madagascar: les défenseurs des droits de l’homme en danger?

Pour Mireille Rabenoro, depuis quelques années, ce sont les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement qui subissent les représailles (photo: commerce illégal de bois de rose à Madagascar).
© Wikimedia Commons

A Madagascar, les défenseurs des droits humains sont « en danger constant ». C'est le constat de la Commission nationale indépendante des droits de l'homme (CNIDH). Dans un communiqué publié le 6 août, elle déplore les actes de représailles à leur encontre. L'organisation appelle le gouvernement malgache à « adopter les mesures appropriées pour garantir leur protection » et se dit prête à apporter sa contribution.

« Menaces, harcèlements, détentions, privations de libertés... », la liste des représailles subies par les défenseurs des droits humains à Madagascar est longue, selon le communiqué de la CNIDH. Un communiqué publié alors que le musicien et chanteur Théo Rakotovao est victime d'intimidations depuis plusieurs semaines, précise l'organisation. Ce dernier dénonce avec son association MA.ZO.TO l'impact de l'exploitation d'ilménite et de métaux lourds  par l'entreprise australienne Toliara Sands  sur les communautés locales et l'environnement dans le sud-ouest du pays.

Un cas qui n'est pas isolé. « On a constaté que c’était un peu toujours le même schéma, explique Mireille Rabenoro, la présidente de la CNIDH à Madagascar. Depuis quelques années, ce sont les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement qui subissent les représailles de la part d’autorités locales, en général, mais pilotées derrière par des intérêts privés, essentiellement étrangers. Il y a une déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU, à laquelle Madagascar a souscrit, mais dans la pratique il n’y a encore rien eu concernant les défenseurs des droits de l’homme. »

La CNIDH pointe aussi la mise en détention provisoire puis  la condamnation de deux militants écologistes à de la prison avec sursis l'année dernière.  L'un dénonçait le trafic de bois de rose dans le nord-est du pays, l'autre une exploitation illégale d'or par une société chinoise.

Contacté, le ministère de la Justice indique qu'il est en train de prendre connaissance de ce communiqué.

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