Republier
Kenya

[Reportage] Kenya: manifestation contre les évictions forcées

Kibera (Nairobi), le 23 juillet 2018. Un homme se tient au milieu des amas de sa maison qui vient d'être rasée par des bulldozers en prévision de la construction d'une route.
© REUTERS/Baz Ratner

Au Kenya, différentes agences gouvernementales procèdent depuis plusieurs mois à la destruction d’habitations informelles construites sur des terrains publics pour faire place à la construction d’infrastructures. Des milliers de personnes se retrouvent ainsi sans abris. Mercredi 8 août, représentants des quartiers affectés et associations des droits de l’homme ont manifesté dans Nairobi avant de présenter une pétition au gouvernement. Ils dénoncent des évictions forcées et demandent au gouvernement de tenir ses promesses en termes de logement.

Diana Engaya habite dans le bidonville de Deep Sea à Nairobi. Comme beaucoup d’autres, elle a construit sa maison de tôle sur un terrain destiné à devenir une route. « Nous avons peur de ce qui se passe en ce moment à Nairobi, confie-t-elle. Ils vont venir nous expulser. Mais nous avons des enfants, ils vont à l’école… et il y a beaucoup de femmes seules à Deep Sea. Donc nous prions pour Dieu pour qu’il nous vienne en aide afin que nous obtenions un programme de relogement afin de quitter le terrain. »

Deep Sea, Kibera, Kaloleni, Makongeni, la liste des bidonvilles affectés s’allongent. Selon l’autorité des routes kényanes, le gouvernement n’est pas légalement obligé d’indemniser les habitants installés sur des terrains publics. Elle a cependant promis une aide financière à certains et est en discussion avec d’autres pour des programmes de relogement. Ce n’est pas suffisant, assure Joe Muturi, qui dirige une association de défense des droits des habitants des bidonvilles : « Le gouvernement avait promis de construire 500 000 logements. Mais ce que nous voyons aujourd’hui ce sont des destructions. Si le gouvernement et la ville prenaient le problème du logement au sérieux, il n’y aurait pas de problème d’expulsions. »

Alors que plus de la moitié de la population de Nairobi vit dans des habitations informelles, les ONG dénoncent une politique de la ville au profit des classes aisées. Pourtant, les bidonvilles ne sont plus les seules victimes des projets de développement et de rénovation de la capitale. Ces derniers jours, des immeubles, un café et même un centre commercial construits trop proches des rives d’une rivière ont été détruits au nom de la sécurité et de la protection de l’environnement.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.