Sénégal: ouverture du procès de l'affaire Ndeye Coumba Diop, jeune fille battue

Dans le Code pénal sénégalais, les violences domestiques sont passibles d'une peine d'un à 5 ans de prison et d'une amende allant jusqu'à 150000 FCFA (photo: le palais de justice de Dakar, au Sénégal).
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, dans la ville de Mbacké, c’est l'ouverture ce jeudi 9 août du procès de l'affaire Ndeye Coumba Diop, une jeune fille de 17 ans. La vidéo de son agression dans la ville de Touba avait fait le tour des réseaux sociaux à la fin du mois de juillet. Dans le box des accusés, son mari Bara Sow, l'auteur présumé des violences. Une affaire qui avait énormément ému l'opinion sénégalaise à la fin du mois de juillet.

Le visage tuméfié, le corps en sang, battue à coup de fils électriques, la vidéo du calvaire de Ndeye Coumba Diop est publiée fin juillet sur Facebook. Des milliers de réactions en quelques minutes et une affaire qui fait la Une de la presse. Pour Oumy Regina Sambou, membre des Ladies Club, un groupe de femmes très actif sur le réseau social, c'est une façon de dire non à la banalisation de la violence : « Il y a une véritable mobilisation pour dénoncer ça. La parole se libère. Après on se dit qu'il ne faut pas s'arrêter à ça. Il ne suffit pas d'arriver à ce que son mari paye pour l'avoir battu, mais il suffit de faire en sorte que ce genre de truc n'arrive plus ».

Dans la foulée, les Ladies Club contacte un avocat pour défendre la victime. Mais l'affaire connaît des rebondissements. Sous la pression de ses parents, Ndeye Coumba Diop retire sa plainte, puis se ravise de nouveau en se constituant partie civile. Pour son avocat, maître Abdoulaye Babou, c'est la preuve que les violences conjugales sont encore taboues au sein des familles : « Il y a un phénomène culturel qui veut qu'on arrange tout en famille. On a encore horreur, mais vraiment horreur, de faire appel à la justice. La meilleure manière de lutter contre cela, c'est le cas Ndeye Coumba Diop. »

Dans le Code pénal sénégalais, les violences domestiques sont passibles d'une peine d'un à 5 ans de prison et d'une amende allant jusqu'à 150 000 FCFA.

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