Zimbabwe: Tendai Biti expulsé par la Zambie et inculpé à Harare

Tendai Biti arrive menotté à la Cour de justice d'Harare, le 9 août 2018.
© Jekesai NJIKIZANA / AFP

Tendai Biti est de retour au Zimbabwe, sans l'avoir voulu. Le ténor de l'opposition s'est vu expulser par les autorités zambiennes, jeudi 9 août, avant d’être présenté devant la justice en fin d’après-midi. Il avait franchi la frontière la veille pour demander l’asile, en vain. Depuis les violences postélectorales de la semaine précédente à Harare, il se cachait. Il faisait partie d'une liste de neuf responsables recherchés pour incitation à la violence par les autorités zimbabwéennes.

Les photos le montrent menottes aux poignets, extrait de la voiture qui le ramenait de la frontière zambienne vers la capitale zimbabwéenne, Harare, où un juge lui a signifié son inculpation. Tendai Biti a été laissé libre après avoir payé une caution de 5 000 dollars, avoir rendu son passeport et l'acte de propriété de sa maison.

La porte-parole de la police explique que l'opposant risque jusqu'à dix ans de prison pour « incitation à la violence publique » et jusqu'à six mois pour déclaration de résultats électoraux « non officiels ou faux ».

Tendai Biti avait franchi la frontière avec la Zambie ce mercredi pour déposer une demande d'asile, qui a été refusée. L’opposant a fait appel, ce qui a poussé la Haute-Cour à ordonner la suspension son transfert. Mais trop tard, selon les autorités de Lusaka, qui l'ont remis jeudi matin à leurs collègues zimbabwéens. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés s'est dit « gravement préoccupé » par cette manière de faire.

Tendai Biti avait déjà été arrêté en 2008 pour avoir clamé la victoire de son champion de l'époque, Morgan Tsvangirai, avant les résultats officiels. Selon l'un de ses compagnons politiques, il avait été torturé.

Depuis la manifestation réprimée de l'opposition qui a fait 6 morts mercredi 1er août, les menaces se multiplient sur les critiques politiques au Zimbabwe. L'opposition tout comme Human Rights Watch évoquent de nombreux cas de violences de la part des soldats. L'ONG et les chancelleries occidentales dénoncent ce climat.

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