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Madagascar

Présidentielle malgache: inquiétude sur le financement de la campagne

Devant le palais présidentiel d'Ambosorohitra, centre-ville d'Antananarivo.
© Bilal Tarabey / RFI

A Madagascar, à moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, la société civile déplore le manque de réglementation dans le financement des campagnes électorales des candidats. La nouvelle loi électorale apporte des améliorations sur la transparence des fonds de campagne mais pas de plafonnement dans le financement des campagnes et elle autorise le financement par des fonds étrangers.

A Magadagascar, l'absence de plafonnement des fonds de campagnes a pour principal effet pervers de créer une inégalité des chances entre les candidats à la présidentielle dont le premier tour aura lieu le 7 novembre 2018. Certains d'entre eux sont déjà en pré-campagne avec des moyens colossaux : jet privé, hélicoptère, meetings dans lesquels les plus grands artistes malgaches se produisent.

Faraniaina Ramarosaona, coordinatrice des actions de lutte contre la corruption au sein de la plateforme de la société civile Rohy, explique que cette absence de plafonnement peut provoquer d'autres effets négatifs comme l'achat de vote.

Financement étranger

L'inquiétude se situe aussi au niveau des financements venant de l'étranger. « Des arrangements opaques peuvent se faire entre les candidats et les bailleurs pour le mandat à venir, avec des contreparties futures : avantages fiscaux, marchés publics, exploitation de ressources naturelles... », explique cette membre de la société civile.

Si l'interdiction du financement étranger figurait bien dans les nouvelles lois électorales, cette disposition a été rejetée par la Haute cour constitutionnelle en mai dernier après que ces lois ont été contestées pendant plusieurs semaines par l'opposition.

Du côté des partis politiques, on reconnaît cette défaillance. « Nous étions favorables à un plafonnement et à l'interdiction des financements étrangers, déplore notamment Freddie Mahazoasy, député de la majorité présidentielle. Il est évident que la porte est grande ouverte à toutes sortes de contreparties ».

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