Mauritanie: protestation contre l'arrestation de deux journalistes

Vue aérienne de la ville de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie (image d'illustration).
© GEORGES GOBET / AFP

En Mauritanie, deux journalistes mauritaniens sont incarcérés dans un commissariat spécial de la police judiciaire de la capitale Nouakchott depuis maintenant une semaine. Babacar Baye Ndiaye, rédacteur en chef du site francophone d’information en ligne Cridem, et Mahmoudi Ould Saibout, directeur du site arabophone Taqadoum, ont été arrêtés dans la rue le 8 août par des membres de la police judicaire en civil. Ce 13 août, des dizaines de journalistes se sont rassemblés lors d'un sit-in devant le commissariat de police pour exiger la libération ou le transfert devant la justice de leurs confrères.

A Nouakchott, la capitale mauritanienne, les journalistes se sont levé très tôt ce 13 août pour participer à un rassemblement devant les locaux de la police judiciaire. Ils réclament la fin de la garde à vue de deux de leurs confrères, prolongée sans explications des autorités mauritaniennes.

« La garde à vue est très longue et on nous a dits que le week-end n’est pas comptabilisé dans la garde à vue mais il n’en demeure pas moins qu’ils sont dans ce régime de restriction de libertés dans un commissariat de police à Nouakchott, déclare Diallo Saidou, journaliste pour le site web Kassataya. Cela pose vraiment beaucoup de problèmes sur la question de la liberté d’expression et la liberté d’informer en Mauritanie ».

Interpellation musclée

Leur arrestation fait suite à une plainte pour diffamation d’un proche du président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz. « Une simple convocation aurait suffi, estime un autre journaliste présent au sit-in, estime Mamadou Thiam, du journal Le Calame. Ils auraient dû se présenter au commissariat et être auditionnés et vaquer après à leurs occupations en attendant qu’il y ait un éventuel procès ou non ».

Mamadou Thiam revient sur l’interpellation musclée du rédacteur en chef de Cridem, Babacar Baye Ndiaye. « L’usage de la force et surtout le fait que l’un des journalistes soit brutalisé, menotté en pleine rue au moment de son arrestation, ne représente pas une bonne image du pays », poursuit-il.

Selon son épouse, Babacar Baye Ndiaye a en effet été brutalisé et menotté sous le regard des passants lors de son arrestation. Depuis le 10 août, plus aucune information n’a été mise en ligne sur le site Cridem, dont il est le rédacteur en chef.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.