Afrique du Sud: l'auteur d'un livre sur un scandale de pédophilie retrouvé mort

Vue générale de la ville de Port Elizabeth où la police a ouvert une enquête concernant la mort de Mark Minnie.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

En Afrique du Sud, de nombreuses questions se posent après la mort d’un ex-policier sud-africain, co-auteur d’un livre accusant de hauts dignitaires du régime de l’apartheid d’avoir organisé un réseau pédophile dans les années 1980. Le livre co-signé par Mark Minnie mettait en cause l’ancien ministre de la Défense, Magnus Malan (à l’époque numéro 2 du régime), trois autres ministres et un homme d’affaires, accusés de kidnapper des adolescents pauvres – blanc ou métis – qu’ils emmenaient par hélicoptère de l’armée sur une île au large de la ville de Port Elizabeth pour les abuser sexuellement. Mark Minnie a été retrouvé mort lundi 13 août au soir, une balle dans la tête.

Pour ses éditeurs, la mort de Mark Minnie est aussi « soudaine qu’inattendue » et elle soulève de nombreux soupçons en Afrique du Sud. Le porte-parole de la police sud-africaine a confirmé qu’une lettre d’adieux a été retrouvée près du corps de Mark Minnie, qui gisait dans les buissons d’une ferme appartenant à l’un de ses amis. Sa dépouille portait une blessure par balle à la tête. L’arme à feu appartenant à son hôte a également été retrouvée.

Même si la police semble rejeter toute piste criminelle dans cette affaire, beaucoup s’étonnent de cette mort subite. Dans son livre, Mark Minnie évoquait justement le suicide de certains témoins clés de l’affaire.

Par ailleurs le journaliste Chris Steyn, qui a co-écrit le livre avec Mark Minnie, a révélé avoir reçu de nombreuses menaces de mort depuis la publication de l’ouvrage au début du mois.

Dans leur livre The Lost Boys of Bird Island (Les garçons perdus de Bird Island), sorti au début du mois, Minnie et Steyn racontent que le très puissant ministre de la Défense de l'époque, Magnus Malan, considéré comme le numéro 2 du régime, ainsi que trois autres ministres et un riche homme d'affaires, kidnappaient des jeunes dans les rues, les emmenaient par hélicoptère de l'armée sur l'île Bird, au large de Port Elizabeth où ils abusaient d'eux sexuellement.

Malgré leur crainte d’apparaître en public, les deux auteurs poursuivaient leur enquête. Mark Minnie aurait même rencontré de nouvelles sources la semaine dernière.

Les hauts dignitaires de l’apartheid mis en cause par ce livre sont tous décédés, à l’exception d’un ancien ministre dont le nom n’est pas directement cité par crainte de poursuites. La police a ouvert une enquête après la publication de l’ouvrage.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.