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Madagascar

Madagascar va créer un centre de stockage pour ses déchets radioactifs

Au ministère de la Santé de Madagascar, on assure que le site d'enfouissement de déchets médicaux radioactifs ne représentera aucun danger pour les populations.
© RFI/Sarah Tétaud

A Madagascar, il a suffi d'une ligne dans le dernier communiqué du Conseil des ministres, relayée par un collectif citoyen influent, pour embraser les réseaux sociaux. Le communiqué diffusé mardi 14 août par la présidence fait état de « la mise en place d'un centre de stockage temporaire de déchets radioactifs dans un domaine sûr et sécurisé ». Les internautes, inquiets, ont durant deux jours spéculé sur la provenance de ces déchets et imaginé des scénarios aussi catastrophiques que réels. Finalement, jeudi 16 août, plusieurs réponses ont été apportées. Des réponses qui soulèvent de nouvelles interrogations.

Il n'aura fallu que quelques heures pour que les internautes s'affolent et imaginent la Grande Île comme futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de puissances étrangères. Une information formellement démentie par différents membres du gouvernement dont Yoël Rantomalala, ministre de la Santé, l'un des sept ministres concernés par le projet.

« Les déchets radioactifs sont essentiellement issus du secteur santé. Ils proviennent des sources radioactives utilisées dans le traitement des cancers, ou des appareils de radiologies qui ne sont plus utilisables, explique le ministre. Théoriquement on devrait les rapatrier dans les pays producteurs de ces machines. Mais comme ce sont des machines qui ont plus de 40, 50 ans, les sociétés n'existent plus. Donc l'Etat a pris cette décision de concentrer ces déchets dans un lieu sûr, loin de la capitale. Il n'y aura pas de risque pour la population. »

Mais pour Nampoina Ranarivelo, cofondateur de Wake Up Madagascar, le collectif de citoyens qui a médiatisé le communiqué, l'explication suscite d'autres interrogations. « Cette réponse soulève une inquiétude encore plus grande de notre part parce qu'elle pointe du doigt une problématique plus importante : qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui des déchets radioactifs hospitaliers ? Où et comment étaient-ils stockés jusqu'à présent ? Y a-t-il un risque sanitaire pour les gens qui passent à côté des hôpitaux ? Pour les personnels hospitaliers ? Wake Up va se focaliser sur ces questions. On va poursuivre nos enquêtes et consulter des spécialistes là-dessus », assure Nanpoina Ranarivelo.

Côté gouvernement, il s'agit désormais de quantifier les déchets radioactifs existants. Une activité inédite pour le pays. Le lieu d'enfouissement serait presque acté. Il s’agirait d’un site militaire dans le centre ouest de l'île. Une opération financée théoriquement par l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique.

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