Procès du putsch manqué de 2015: le soldat Ouattara donne sa version des faits

Des soldats burkinabè procèdent aux contrôles de sécurité à la Haute cour de justice de Ouagadougou. (Image d'illustration)
© Ahmed OUOBA / AFP

Au Burkina Faso, c’est la reprise du procès du coup d'Etat manqué de septembre 2015, après deux semaines de suspension. Le soldat de première classe, Sidiki Ouattara, de l'ex-régiment de sécurité présidentielle était face au tribunal. Accusé de complicité d'attentat à la sureté, de meurtres et de coups et blessures volontaires, le soldat a rejeté les faits et a déclaré ne pas avoir été au courant d'un quelconque coup d'Etat.

C'est en langue nationale dioula, assisté par un interprète que le soldat Sidiki Ouattara a donné sa version des faits. Le 17 septembre, soit 24 heures après l'arrestation des autorités de la transition, il est appelé pour une mission, une « corvée » selon ses propres mots.

« C'est une fois sur place que j'ai su que c'était au siège de la radio Savane FM », se défend le soldat Sidiki Ouattara. La mission confiée au soldat et aux membres de son équipe était de retrouver et démanteler la « voix de la résistance », une radio pirate qui appelait à la résistance contre le coup d'Etat.

« Je n'ai débranché aucun appareil sur les lieux. J’ai juste transporté du matériel vers notre véhicule » a-t-il affirmé. Une version qui ne convainc pas le procureur militaire, qui charge l'accusé. « Votre supérieur hiérarchique vous avait pourtant défendu de participer aux différentes missions, sans son autorisation ». Silence de l'accusé.

« Le soldat Ouattara nous fait tourner en rond depuis ce matin. Il avait déclaré au cours de l'enquête préliminaire qu'ils avaient été repartis par groupe de dix soldats. Leur mission était de disperser tout rassemblement par des tirs de sommation », a expliqué le procureur militaire.

Mais, à la barre, Sidiki Ouattara  soutient qu'il ne savait pas qu'il  y avait un coup d'Etat et qu'un couvre-feu était instauré sur la capitale. Excédé par ses déclarations, le procureur militaire est revenu à la charge. « Nous ne savons pas où nous allons avec cette défense de rupture », lance-t-il. Le président du tribunal a suspendu l'audience, dont la reprise est prévue ce vendredi 17 août.

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